
Ce texte (s')est écrit à la suite de la lecture du livre "La maîtrise de l'amour" du chaman, Don Miguel Ruiz. Lire aussi "Les 4 accords toltèques", qui fait partie de mon top 5 des livres. Tous deux aux Éditions Jouvence.
Il était une fois une petite fille, toute nue, qui éclôt sur la terre un 4 avril. Elle était douce et rosée comme un champs de coquelicots. Un jour, elle tint toute droite sur ses deux pieds, alors, avec son cœur en médaillon, elle s’élança dans la vie. Elle prit des coups, tomba et se releva, toujours confiante. Elle en prit d’ autres, tomba, se releva, un peu moins confiante. Ainsi de suite jusqu’à ce que la confiance et elle se séparent. Toute tendre en dedans, elle vit qu’au dehors, ce ne l’était pas autant. Il fallait obéir, se taire, subir. Jamais elle n’était assez parfaite. Elle connu l’injustice de s’offrir mais de ne pas être vue, l’injustice de subir la violence sans pouvoir se défendre, l’injustice de n’être pas consolée dans les bras chauds d’une maman… D’injustice en injustice, son corps du dedans se couvrit de plaies faites de larmes ravalées et de colère refoulée. Sa peau restait lisse mais ses yeux, miroirs de l’âme, étaient voilés de chagrin. Peu à peu, elle se fâna, elle n’osa plus être qui elle était vraiment et même elle se dit qu’elle avait tout bien mérité. En somme, qu’elle était une ratée. Dans sa tête, elle quitta le monde des hommes : trop dur, trop âpre. Son masque se mit en place, histoire de faire semblant, histoire qui sait ?, de ramasser quelques miettes de sourires partagés.
Elle s’envola dans son imaginaire, se construisit un univers secret. Dans la nature, elle s’ouvrait, se sentait fleur parmi les fleurs. Elle parlait aux libellules, aux vaches , à la rivière et aux chiens, qu’elle aimait particulièrement. Surtout les laissés pour compte auquels elle s’identifiait.
Puis elle grandit, devint adolescente. Son visage se couvrit de boutons. Les plaies se dévoilaient au grand jour. Pas facile pour rendre les baisers des garçons qui, malgré son air farouche, osaient s’approcher d’elle. Ils lui demandaient : « Qui es-tu ? ». Elle rougissait, ne pouvait répondre, c’était flou à l’intérieur.
Un jour, il y en eu un qui s’accrocha et réussit à franchir le mur d’embûches qu’elle avait dressé autour de son cœur. Ils se plurent beaucoup mais peut-on vraiment aimer l’autre et la vie quand on ne s’aime pas soi ?
Devenue femme coquelicot, elle vit que ses pétales étaient malades : elle prit conscience des plaies qui réclamaient guérison. Les symptômes étaient : de ne savoir qui elle était, de ne savoir où elle allait, de ne savoir où était sa place, de chercher des réponses, en vain, sans pouvoir s’arrêter, de ne savoir aimer…
Munie de ses armures, elle prit le chemin de retour vers les hommes. S’il lui fallait rester, autant vivre pour le mieux, se dit-elle. Elle vit que le monde n’était pas plus tendre qu’autrefois et elle comprit qu’il était le fruit du Rêve des humains, à qui, comme elle, on avait menti et qui ne s’aimaient pas (encore ).
Elle fit le chemin inverse et une à une, ses plaies se dévoilèrent. Reconnaître la plaie, l’ouvrir, traverser le mal, la désinfecter avec beaucoup d’attention et d’amour (avec l’aide des Anges), laisser cicatriser, tel était le processus de guérison. C’était long, douloureux mais au bout du processus l’attendait la Joie, la Vérité, la Paix, l’Amour … ainsi qu’un énorme merci d’être née.