mardi 19 avril 2011

Rencontre 1: Cristian



QUEL EST TON PLUS BEAU SOUVENIR ?
C'était juste avant une cérémonie (chamanique) et pour consoler une personne qui était un peu dans le gaz, je lui ai dit :"Un jour, tu rentreras chez toi, à la maison et pour fêter ton retour, les trompettes du ciel sonneront joyeusement."
En fait, ce que je ne savais pas, c'est que ce message s'adressait à moi et ce soir là, je suis rentré à la maison, j'ai retrouvé ma famille céleste, ma famille bleue et les anges du ciel ont sonné avec leur trompette.
C'était un son angélique et c'était...très émouvant.C'est vraiment le sentiment de...
"Voilà, je suis rentré à la maison." Donc je sais que ma maison est là et elle est là tout le temps, dedans, là-haut et elle m'attend.

QUEL EST TON PLUS HORRIBLE SOUVENIR?
Pfff... J'hésitais parce que le plus horrible c'est aussi peut-être le plus merveilleux. C'était vraiment horrible et en même temps, c'était vraiment merveilleux, mais c'était absolument horrible (rires). C'était aussi à l'occasion d'une cérémonie. C'était la vision de la réalité sans filtre, si ce n'est mon petit moi qui était recroquevillé dans un coin et qui trouvait ça absolument insupportable parce que c'était la vision conjointe de tout: depuis le paradis le plus élévé jusqu'à l'enfer le plus profond, toutes les gammes mélangées et au centre,
il y avait une image absolument complexe constituée de couleurs virevoltantes. C'était tellement présent, intense, il y avait une telle densité d'informations, une telle densité d'énergie que c'était en même temps absolument horrible. Mais c'était horrible parce que c'était merveilleux.

QUEL EST TON PLUS PROFOND DESIR ?
C'est de retrouver mon coeur, de retrouver le contact avec moi-même, de retrouver le contact avec qui je suis, dans la sincérité, dans la nudité, dans la présence, quelque chose d'absolument simple, d'absolument sans artifices et de rester là, pour un temps indéfini (rires).

QUELLE EST TA PLUS GRANDE PEUR ?
C'est paradoxal mais il s'agit probablement de la même chose parce ce que ce qui est demandé pour être là, c'est quelque chose d'absolument sans artifices, sans défense, sans protection. C'est comme être écorché vif au sommet de l'Himalaya, en plein vent, par -30°mais en même temps, c'est le réel. Donc c'est à la fois mon désir le plus élevé et ma peur la plus profonde, simultanément.

QUELLE EST LA QUESTION QUE TU AIMERAIS QUE JE TE POSE?
Celle-là: "Quelle question aimerais-tu que je te pose ?" Rien que pour le plaisir de la pirouette. (rires)

samedi 26 mars 2011

Paris, gare du Nord.


La foule l’entoure, dont moi qui la regarde. Pourtant elle est toute seule. Trottoir de passage, allées et venues, chacun s'affaire. Elle, elle n’a rien à faire. Elle est d’abord sur un banc. Début du printemps, le soleil se lâche après le sommeil de l'hiver. Il fait chaud. Le visage de la dame est penché vers le sol. Elle a, près d'elle, une valise à roulettes. Elle se lève, fait quelques pas. Elle tue le temps ou le temps l’a tue. Je la vois de plus près. Elle porte des pantoufles à carreaux, un imperméable beige. Elle est petite, ses cheveux sont gris, crasseux, hirsutes. Elle avance dans un sens, puis dans l’autre. Lorsque la foule se fera plus éparse, elle pourra s’installer quelque part, dans un recoin de la gare ou sur le trottoir. Un moment, j’ai envie de m’approcher, pour lui offrir un peu d’argent, j’hésite. Je ne fais rien. Moitié par peur de la déranger, l'autre moitié par lâcheté. Suis-je blindée? Je rentre dans la gare pour prendre mon train, sans plus la regarder.
Le lendemain matin, je repense à elle. Son image pénètre en moi, comme une lame froide dans le cœur. C'est trop tard, je n'ai rien fait pour l'aider. Me reste la possibilité d'une prière pour elle. Surgit une voix dedans dehors (!) « Ne t’inquiète pas, elle n’est pas seule. Nous sommes près d’elle. Nous prenons soin d'elle, comme nous prenons soin de toi. Mais si tu veux agir, fais le, sans réfléchir, ose.»
De la savoir "protégée", un lourd fardeau tombe de mes épaules. Merci."

Il est là !



Voici le printemps !

Me vient une image, celle de recueillir au creux de la main telle 1 perle de rosée, l’émotion tout au fond enfuie dans la grotte du cœur. C’est peut-être douloureux ou pas? Quoiqu’il en soit, la laisser fondre sur sa peau plutôt que de « vouloir autre chose de mieux ». Voici l’amour qui ouvre ses rayons de lumière…

Ciel. Tel un ciel bleu de montagne, silencieux et clair, l’émotion se détache. Apparaît la vastitude de « voir » : La vie est expériences où se niche, entre autres, un coffre merveilleux, celui des émotions. Microcosme de geysers, cascades et torrents, giboulées, éclairs et tonnerres, de brouillard, de lac paisible ou de pluie fine, de soleil radieux, le tout dans le macrocosme de l’univers.
Intense solitude- Lien indéfectible avec le plus intime de Soi et « le plus grand » que soi. Simultanément.

mardi 15 mars 2011

Dans les ovaires de ma mère

Dans les ovaires de ma mère, il y a la générosité des femmes qui portent l’enfant dans leur chair, et le font naître malgré la fatigue, malgré la douleur.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la mémoire de ses sœurs louves, biches, baleines, grenouilles et libellules.

Dans les ovaires de ma mère, il y a les larmes des femmes exploitées, dominées, humiliées et violentées par le patriarcat.

Dans les ovaires de ma mère, il y a le trop grand souci de l’autre versus la trop grande négligence de soi.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la bonté des femmes qui donnent sans compter, même si elles reçoivent peu.

Dans les ovaires de ma mère, il y a le rêve d’un monde en harmonie.

Dans les ovaires de ma mère, il y a toutes les générations mélangées depuis la petite fille jusqu’à la grand-mère archaïque.

Dans les ovaires de ma mère, il y a une femme qui court avec les loups. Elle porte dignement une couronne de fleurs et les oiseaux saluent son passage de leur chant.

Dans les ovaires de ma mère, il y a une peur viscérale, abyssale, sans nom.

Dans les ovaires de ma mère, il y a le chagrin inconsolable des mères qui perdent un enfant.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la reconnaissance des femmes entre elles pour honorer le sacré.

Dans les ovaires de ma mère, il y a un cœur en compote du manque de caresses, de berceuses, de mots doux. Il est le legs des blessures des femmes avant elle.

Dans les ovaires de ma mère, il y a un cœur de compassion qui le relie d’un fil d’or à tous les cœurs des êtres sensibles de l’univers.

Dans les ovaires de ma mère, il y a tous les possibles du féminin ; princesse, amante, prostituée, sainte, mendiante, sorcière, fée, magicienne.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la force d’être vulnérable.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la beauté du dedans et le regard des femmes qui voient la beauté en chaque instant.

Dans les ovaires de ma mère, il y a une fille qui prend soin d’elles.

Dans les ovaires de ma mère, il y a la dépendance à l’homme, la peur de perdre celui qui l’a fait vibrer, en oubliant que c’est d’être amoureuse qui est à l’origine de la vibration.

Dans les ovaires de ma mère, il y a l’amour d’une femme, fille de la Mère cosmique pour un homme, fils du Père céleste.

Dans les ovaires de ma mère, il y a des anges qui, avec leur trompette, soufflent des notes légères et guérisseuses en forme de bulles à savon. Elles disent : « Si tu as besoin d’aide, demande et je te l’apporterai ».

Dans les ovaires de ma mère, il y a six œufs qui seront fécondés, dont un, celui de la petite dernière, qui contient mon passé, présent et futur, le tout rassemblé.

Dans les ovaires de ma mère, il y a des particules d’amour en dedans l’ADN tout comme dans chaque recoin de l’espace.

Dans le silence des ovaires de ma mère, il y a un chant inaudible. Il dit : « All is full of love »

mardi 8 mars 2011

Vieillir


Quand on vieillit, on perd de son joli mais on devient beau.

dimanche 27 février 2011

Moelleuses châtaignes.


Préparé en dix minutes top chrono, voici le moelleux et roboratif
« Gâteau de châtaignes aux pruneaux ».
La recette provient des recettes biogourmandes (sans laitages ni gluten) du magazine Valériane.

Verser dans un plat 360gr de purée de châtaignes nature (au delhaize ou maga bio).
Ajoutez 10 cuillères à soupe de miel ou sirop d’érable (le nec !) ainsi que 2 cuillères à soupe de purée de noisettes. Mélangez le tout à l’aide d’un fouet. A ce niveau de la préparation, il est possible que vous « craquiez » devant ce délicieux mélange. Vous êtes prévenus. Je me dégage dès maintenant de toute responsabilité si vous devez desserrer votre ceinture de pantalon :-)
Incorporer six cuillères à soupe de farine de châtaignes. A ce stade, vous ne risquez plus rien. La farine est trop indigeste. Ajouter deux œufs. Fouetter jeunesse !
Couper en petits morceaux une vingtaine de pruneaux (dénoyautés of course et préalablement gonflés dans de l’eau, c’est encore mieux.) Ajouter-les à la pâte.

Zou dans un plat huilé et rezou dans le four, thermostat 7 (200 degrés ?).
Cuisson : 25-30 minutes. A surveiller, le coquin. Il doit être cuit et tendre à la fois.

Miam !

Voici pour les plus pervers d'entre vous le lien du gâteau chocolat-châtaignes!
http://www.chocadom.com/recettes/index.phtml?id=3&rec=37

mercredi 23 février 2011

Félicie

Elle me regarde, ma Félicie. Nous sommes dans son dernier lieu de vie où elle attend la délivrance. Elle dit « J’en ai assez de cette vie. Je veux bien partir maintenant. » Elle s’excuse en riant un peu, pour déposer sur ce fardeau de mots une bulle de légèreté. Elle a baissé les yeux puis les lève à nouveau vers moi. Je vois ses yeux couleur d’eau de pluie, avec de la nacre autour, que la vieillesse a déposé. Le temps se dilate, s’apaise. Il se repose au creux de cette chambre où trônent des photos de ses deux amours, son mari et Jésus. Un flot de souvenirs entrent dans le fond du silence et nous berce. Je revois son sourire canaille lorsqu’elle me servait un petit verre de Martini, après la messe du dimanche. Un peu éméchées, nous dansions quelques pas en riant aux éclats. Je revois les charbons rouges vifs de son poêle dont la chaleur moelleuse nous enveloppait pendant que nous regardions la télévision. Je me souviens du steak qu’elle faisait trop cuire accompagné de salade croquante, fraîchement coupée du jardin, qu’elle partageait toujours avec joie, même si je débarquais à l’improviste. Sa mine douloureuse lorsqu’elle montrait ses genoux gonflés de rhumatismes. Les allées de gui où nous jouions à cache-cache pendant qu’elle ramassait ses patates sous la lumière d’été. Je goûte encore la douceur de sa peau douce comme une pêche mûre.
D’évoquer son souvenir fait remonter en moi toute l’affection que je lui porte.
Elle n’est pas dans mon arbre généalogique mais qu’ais-je pris de cette voisine qui était pour moi comme une tendre grand-mère? Il y a les mots qui marquent l’âme au fer rouge mais aussi ce qui se trame entre eux ou en leur absence. Ce sont les impressions qui font promettre à l’enfant « Un jour, je serai comme … » Son destin de solitude, je ne sais s’il s’est déposé en moi, comme une image au creux de mon cœur mais si ce pacte a existé, je le descelle à présent, tout doucement pour ne pas la brusquer.
Viennent ces mots pour elle « Je te vois, chère Félicie, je te porte dans mon cœur ».