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dimanche 29 janvier 2012

Intégration


En général, dans la vie, je pense être quelqu'un de bien. Je suis pleine de défauts comme tout le monde (sic!) mais je ne ferai pas de mal à une mouche (par contre un moustique j'avoue que...!)
Des rêves récurrents me parlent d'autres choses: les liens que je tisse avec les autres sont compétitifs, truffés de sentiments de supériorité ou d'infériorité, l'ensemble généré par la peur de monter "sur les planches" du grand spectacle que nous allons tous jouer.

Cette nuit, ce rêve est encore une fois revenu et cette fois, je décide d'y prêter un peu plus attention. Que me dit-il exactement?
Que ces parts de critiques, de jugements, de peur je les connais mais qu'est-ce que j'en fait? Je les renie, je les repousse, histoire de me voir plus cool?

L'avantage est pourtant réel de ne pas nier ces parts d'ombre. Me solidariser avec elles me permet de les voir chez l'Autre sans m'en agacer, sans lui reprocher. Elles sont en moi. Vais-je les projeter ou plutôt les accepter lorsqu'elles se présentent en moi, dans le contact intime du corps? Le choix du rejet ou de l'intégration s'offre à moi. L'erreur aussi ainsi que le pardon.

L'année nouvelle, 2012 est bien là. Plus d'ennemis mais bien des énergies à reconnaître sans jugement sur elles. A l'écoute de tous mes rêves... "Nous sommes embarqués!"

mercredi 6 juillet 2011

Paradoxalement nôtre

Prendre le cynisme en soi,
les jugements,
les calculs donnant-donnant,
les mesquineries,
les regards qui convoitent,

Voir qu'ils sont là en réaction d'un coeur blessé, du doute de soi, du manque d'amour. Ils disent NON!
Les reconnaître et les aimer. Dire OUI! même si ils semblent repoussants. Refuser, c'est à nouveau NON!

TOUT prendre: je suis ceci et pas ceci. Je ne suis ni ceci, ni pas ceci.
Le tout. Quel vertige! Et à nouveau, OUI! Et encore, et encore...
Vient l'infinie solitude...

Seule?
Je suis seule et pas seule. Ni seule, ni pas seule.
Je?
Personnellement et pas personnellement. Ni personnellement, ni pas personnellement.
Le corps?
Ni le corps, ni pas le corps. Le corps et pas le corps.

Le mystère.

mardi 8 septembre 2009

Bodhicitta.

Tout à l’heure, j’assiste à la violence ordinaire, quotidienne, tolérée. Mais est-ce tolérable de voir une mère rabrouer son enfant avec des mots très durs alors qu’il ne faisait que jouer dans la file du supermarché ?
Je suis heurtée et j’en conclus qu’il s’agit là d’un exemple de la dramatique position du pouvoir de l’adulte vis-à-vis de l’enfant. Mon premier élan est de plaindre le petit, la victime, un peu trop vivant aux yeux de sa mère. Et de fustiger l’adulte, le bourreau. J’observe plus attentivement la mère et je perçois un stress immense et un mal-être qui déborde de sa jupe. Qui des deux est le plus à plaindre ? Cette femme est à bout de nerfs. Ses gestes sont brusques et saccadés. Son visage est crispé, ses yeux tendus.
Je me rappelle que l’agressivité est une peur et du souvenir très clair d’avoir pris conscience de ce lien me vient alors un espace dans le cœur qui embrasse la scène toute entière. Le fils, la mère et tant que j’y suis la vendeuse du supermarché, rivée toute la journée à sa caisse.
D’avoir inversé le réflexe de mon agressivité vis-à-vis de cette mère, le cercle de la violence s’est rompu. Bodhicitta.

mercredi 11 mars 2009

L'éveil

Pour chacun de nous, à chaque instant, l’éveil est possible. Et pourtant, nous n’y accédons pas. Pourquoi ? Principalement, il s’agit du fait de l’ignorance. Depuis tous temps et plus encore aujourd’hui, quel cas faisons-nous des enseignements spirituels très vite qualifiés de secte ? Dans quel école nous enseigne t-on le lien qui nous unit au divin ? Où nous apprend-t-on le sacré de la Vie ? Où se trouve l’information que nous ne sommes pas nos pensées et que notre nature véritable est en deçà ou au-delà de celles-ci ? Au lieu de cela, nous nous sommes construit un leurre, une course contre la montre pour « être quelqu’un », pour « nous réaliser », pour amasser des biens et des plaisirs qui colmateront la peur de la mort et de l’inconnu et pour d’autres encore, pour simplement survivre.
Mais il ne s’agit pas uniquement d’ignorance. Cet éveil, à chaque instant présent, est voilé. Il s’agit pour nous, durant notre vie, d’enlever le voile, d’enlever sa cagoule comme le dit Sogyal Rinpoché. Tenus par l’habitude et par les contenus mentaux, le « singe fou » se cogne inlassablement sur les murs de la frustration et de l’impuissance à vivre en paix, durablement satisfait, pleinement heureux d’être.
Dévoilés, décagoulés, nous goûtons à « la nature de l’esprit », que l’on peut autrement nommer le Mental pur. La Grâce nous est donnée, rencontre du Cœur et de l’Esprit. Alors est possible la distinction de ce qu’est « notre vraie identité » de ce qu’elle n’est pas. Car l’ego, qui aime à s’agripper, aura tôt fait de nous perdre dans son labyrinthe.
Alors quid de l’éveil au vu de ses obstacles ?
Certains, nés sous de bons auspices, y accèdent durant leur vie en se consacrant corps et âme aux enseignements d’un maître. Pour d’autres, la mort, où s’offre toute nue « la nature de l’esprit », est une voie d’éveil. A la seule condition d’en avoir eu l’avant goût durant cette vie. Une autre possibilité, comme en témoignent certains maîtres occidentaux actuels, est la dépression, qui a si souvent mauvaise presse. Ainsi Eckhart Tolle et Katie Byron ont connu de longues années de souffrance jusqu’à un moment où « ça s’est réveillé ».
Ainsi l'exemple de Katie, dix années de dépression dont les deux dernières passées dans son lit. Puis un jour : "Il n'y avait pas de moi. C'était comme si quelque chose d'autre s'était éveillé. 'Cela' avait ouvert les yeux. 'Cela' regardait à travers les yeux de Katie. Rien n'était reconnaissable. Et 'cela' était si émerveillé. 'Cela' était ivre de joie. Il n'y avait rien de séparé, rien d'inacceptable pour 'cela'."
Leur expérience me questionne. La souffrance ne serait-elle pas la plus grande porte d’éveil pour l’humanité ? Un monde de plus en plus chaotique n’est-il pas, au fond, l’unique chance de « transmuter » notre espèce et d'assurer son devenir ?

dimanche 20 avril 2008

L'ennui

Alors que je traînais dans mon ennui, je pensais à ma collègue « sûre de son charme » qui m’a dit un jour n’avoir jamais connu l’ennui. « Expérience fondamentale » a rétorqué Cristian, lorsque je lui ai raconté les dires de la belle. Qui a-t-il exactement dans l’ennui que nous cherchons tous plus ou moins à fuir ? Ces derniers jours ont été très mouvementés de rencontres, de musique, de livres, de projets…Après ce tourbillon, me voilà entre mes quatre murs. Que faire ? Rien, me reposer ? Vertige du néant qui tout à coup me lâche une image. Qui es-tu toi que je vois dans le miroir ? N’est-ce pas la plus belle des rencontres possibles que de se découvrir et d’être son meilleur ami ? Le chemin s’illumine et s’ouvre devant mon regard…Mon regard s’illumine et s’ouvre devant le chemin…