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jeudi 2 juin 2011

Accepte

Imaginez un lieu qui semble abandonné de Dieu, où pas une lueur de joie ne perce, où se traînent des ombres vêtues de lambeaux, où règne en permanence un bruit sourd duquel s’élève un murmure sinistre et glacé, où des gémissements de pleurs et des cris de haine rendent l’espace claustrophobe, où une odeur pestilentielle, comme émanant de cadavres, compresse l’espoir à zéro.
Ici, règnent la misère psychique et physique la plus répulsive. Ici, le ciel est vide, la solitude totale, le cœur souffrant. Tout qui l’entrevoit ne peux que vouloir fuir, désirer un lieu « autre » car rien de pire qu’Ici n’existe.

Ici se trouve aussi la plus grande réjouissance. Elle n’a nulle cause, elle ne dépend d’aucunes circonstances. Pour y accéder existe un passage nommé, « le chat de l’aiguille ». Son nom secret est « Accepte de mourir ». Le moyen est la détente.

Entre ces deux mondes, en réalité, n’existe aucune séparation. Ils existent simultanément. L’un contient l’autre et vice et versa.

Ce que j’ai compris de ces mondes jusqu’à présent, est que mourir c’est cesser de vouloir, c’est cesser de croire que je peux fuir, c’est cesser de prendre un décor pour autre chose qu’il n’est. Ici est le lieu où je suis. Ce lieu est mon « enfer ». Ce lieu est aussi ce dont je suis faite, au plus profond. Ici est le lieu de mon coeur. Ce lieu est le réel. Il est accessible à chacun. Il demande « juste » beaucoup de courage et de foi.

Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas en luttant contre l’enfer ni en le fuyant qu’il disparaîtra. La compassion est la clef de la délivrance. Le jeu en vaut la chandelle… Aujourd’hui, je sais que je ne suis plus seule. La ilaha ilAllah.

jeudi 17 février 2011

Le mystère du juste et de l’injuste ou le mystère de Dieu.


Tadaam...! « Dieu est juste et bon ».

Ce refrain, je l’ai entendu toute mon enfance lors de la messe dominicale. J’ai même encore le refrain en tête que je vous chanterai, si vous le demandez gentiment.

Dieu a créé l’homme à son image. Mais n’est-ce pas plutôt le contraire ? Dieu, sorte de père au pouvoir supérieur, qui me récompensera si je file droit. N’est-ce pas ce Dieu que nous avons gardé quelque part dans les tréfonds, dans notre cave souterraine nommée "l'inconscient" ?

Si la vie m'est favorable, alors c’est juste. Si cela n’est pas à notre idée, comme cela devrait être, alors c’est vraiment trop injuste (hello Calimero !) Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Ai-je vraiment fait toutes ces bonnes actions pour rien !???!!! Que d’impuissance…

Quant à la maltraitance des enfants, des vieillards, des animaux, de tous ces êtres vulnérables qui subissent la violence des plus grands, des plus forts, des plus méchants ? C’est tellement insupportable… Il m’est venu parfois de ressentir une énorme colère contre ce Dieu, créateur d’un tel théâtre des cruautés. Mais s’agit-il d’une colère envers Dieu ou de celle envers ce Père qui est censé nous protéger car « juste et bon » ?

Vu à l’échelle des hommes, c’est sûr ce Dieu est bien imparfait. Il y a de quoi, le dimanche, préférer la grasse mat ou la promenade en famille plutôt que d’aller prier un tel Dieu. Mais en regard de la Vie, en regard du Cosmos, que savons-nous de ce qui est juste ou injuste ? Qu’en est-il en dessous- au dessus- à côté des apparences ? Que savons-nous de ces destins au départ si mal barrés, qui se révèlent chemin de perles offertes au cœur ébloui ? Qu’en est-il de la réincarnation ? Ne sommes-nous que poussière qui retournera en poussière ? L’enfer est-il ici et là bas le paradis ? N’est-ce pas notre propre regard qui crée l’un ou l’autre ? Nous sommes, nous aussi, créateurs…

Dieu a créé l’homme libre, cruel ou merveilleux par ses actes, sa pensée, sa parole. Ange ou démon, avec toute la gamme subtile d’entre les deux: à lui de choisir. Terrible et magnifique liberté, rude et excitante école.

mercredi 16 février 2011

Murmure



Je te porte dans mon coeur.
Le voici doux comme les pétales des cerisiers en fleurs.

jeudi 10 février 2011

La trahison


Je marche sur les bords du trottoir. Le jeu consiste à ce que chaque pas se pose dans l’intersection des dalles de pierre. Je me donne l’illusion d’une magie au bout de chaque pied et me concentre totalement : si je réussis, ma destinée en sera-t-elle changée ? Ce jeu, c’est l’espoir d’avoir une deuxième chance et de conjurer le sort.
Zoom arrière : une petite fille joue à marcher selon une règle précise sur le bord du trottoir.
En dedans, cette petite fille est morte. Plus d’espoir. Lien au monde coupé. Vie foutue. La trahison a brisé la confiance. Dans son ventre, elle ressent un grand vide. Ses yeux regardent mais ne voient plus rien. Son cœur parfois lui fait très mal mais elle ne pleure pas.

Dans le village, je suis très polie, je dis bonjour à tout le monde même aux gens qui font grise mine. Je grapille comme je peux les sourires. Parfois, on me complimente. Pour moi, c’est énorme. Pendant des jours, je me répète les mots, comme des pierres précieuses dans un sac.
Des mots joyaux, personne n’en a dans ma famille alors forcément, on ne s’en offre pas. Il y a les mots pratiques, ceux qui disent que telle chose est telle chose. Les mots que j’espère entendre, je ne les reçois pas. Jusqu’à ce que je découvre les mots joyaux, je n’en souffre pas. Puis, quand je les découvre, en dehors de la maison, ils me font souffrir par leur absence.

Le seul qui me montre de l’attention, c’est mon grand frère. Avec lui, j’ai presque l’impression d’être réelle. Oui, c’est bien à moi qu’il parle.
Un jour, il y a la trahison. Elle n’est pas contre moi, il n’y a pas de haine là-dedans. Non, juste une décision qu’il a prise : il n’habiterait plus avec nous. Sa vie est ailleurs, avec sa copine, avec ses amis. Je ne laisse rien voir et même à l’intérieur, je ne tressaille pas. Le sentiment d’abandon s’infiltre en silence.

Nous avons deux maisons: l’une, celle où j’ai grandi, est celle où nous vivons la journée avec lui et que nous quittons, sans lui, après le repas du soir devant le journal télé pour rejoindre la deuxième. C’est un grand appartement en ville dans lequel nous passons la suite de la soirée devant la télé, pour nous coucher ensuite. Nous repartons le matin jusqu’à la première, celle du village où mon père a son magasin et de laquelle je pars pour prendre le bus vers l’école. Une vie schizophrénique.

La nuit, mon grand frère n’est plus avec nous. Celui qui ose s’élever contre mon père, celui qui ose directement se confronter à lui, n’est plus là. Mon protecteur m’a quittée.
Le week-end, mes parents sortent et ma grande sœur aussi. Mon plus jeune frère et moi restons seuls. Ces nuits-là, j’erre dans l’appartement déserté sans pouvoir m’endormir. La voiture de mes parents arrive souvent très tard. Les pas dans l’escalier sont lourds, le silence chargé de menaces.
Le rempart de protection s’en est allé. Je me terre, porte verrouillée dans ma petite chambre. Je me sens totalement seule, engloutie par la violence et la profondeur de la nuit.

Mon grand frère n’est plus là. C’est ainsi. Chacun mène sa vie. Il préfère d’autres à moi, sa petite sœur. Je ne peux lui en vouloir même s’il m’a laissée sans un mot.

Dans ma tête d’alors, une brique de croyance s’est ajoutée: je suis celle que l’on délaisse, celle qui ne vaux pas grand-chose, pas même un mot. Il ne me reste que de me haïr un peu plus…

jeudi 6 janvier 2011

Comme un papillon


Il y a la lumière. Je sais qu’elle existe. Cette lumière aime, elle est l’amour. Parfois, elle me gonfle le cœur et me laisse à son départ comme un coquillage sur le sable, encore brassée de son passage.
Elle est le sens de cette vie. Elle est le but, elle est la source.
Nous jouons à cache-cache l’une avec l’autre depuis longtemps. Plus je la cherche, plus elle est invisible. Quand je me sens désertée d’elle, à bout de force, elle vient comme un papillon se poser gentiment sur mon épaule. Sa présence efface d’un coup les poussières du chemin. Puis un instant d’éternité plus tard, elle disparaît à nouveau.
Peu importe combien de fois ce scénario se répètera, c’est à chaque fois une nouvelle naissance.
Un jour, elle viendra s’asseoir près de moi, on se regardera longtemps dans les yeux, puis éblouie, je fermerai les yeux.

samedi 25 décembre 2010

Noël 2010


Une petite fille me regarde. Elle a quatre ans. « Et avant c’était trois » m’avait-t-elle dit lors de notre rencontre. C’est le réveillon de Noël. Foireux. Impression d’un guet-apens entre l’insupportable et l’inéluctable. A table, je mange à peine, toutes mes forces concentrées sur le chaos des sentiments qui tournoie dans mon cœur. Dans ce tumulte, je sens un regard sur moi. La petite me fixe de ses yeux ronds et rieurs.
Une heure plus tôt, seule dans le salon à digérer ma peine, elle avait bondit dans mes bras. « C’est mon frère qui m’a dit de le faire. » Conspiration de tendresse…Puis, elle était repartie pour revenir une minute plus tard. Même scénario. Elle se jette dans mes bras et en supplément, un bisou. La troisième fois, en plus du bisou, je reçus un « je t’aime » glissé à l’oreille.
Comme une vague paisible qui caresse et puis s’en va, la petite offrait sans arrière-pensée son unique trésor : un amour pur et innocent.
A table, long, long regard. A cet instant, je ne suis plus qu’avec elle. Elle me sourit d’une façon étrange presque impossible sur un visage d’enfant. Elle n’a plus d’âge. De nous tous, elle est l’aînée, l’ancêtre. Son sourire dit « Ne t’en fais pas, je suis là. C’est rigolo la vie, non ? »
Ce soir du réveillon de Noël 2010, j’ai rencontré un ange qui s’appelle Eleonora.

mardi 14 décembre 2010

Rencontre insolite d'un dimanche matin

Aujourd’hui j’ai fait une rencontre insolite en la vue d’un homme disons peu gâté par la nature. C’est une entourloupette pour être politiquement correcte, pour ne pas dire que du premier coup d’œil et de mon point de vue, je trouvais cet homme doté d'une laideur étonnante.
Nous sommes dimanche matin, il monte dans ma rue, un sac de course à la main. A moitié chauve, le visage grimaçant, petit, le corps malingre. A chaque pas, il claudique. Il porte une veste, sans style, noire un peu trop grande et un pantalon noir lui aussi, bien repassé dans les plis et un peu trop court, genre "eau dans les caves".
Il passe juste au moment où je sors de chez moi. Il tressaille, détourne le visage. Je lui emboîte le pas, fascinée, pour rejoindre ma voiture direction le boulot. Sa tête s’enfonce dans le col de son manteau. Il semble me craindre, comme s’il souffrait de mon regard posé sur lui. En ce dimanche, juste à l’ouverture du petit GB tout proche, peut-être a-t-il espéré ne croiser personne et surtout pas une femme dont il redoute le jugement ? Dans la rue déserte, je ne vois que lui.
Sa vue percute en moi des images de bête noire, de vieux chien qu’on maltraite, de "freak". A cet instant, simultanément, comme dans un film, au ralenti, ses doigts maigres se crispent sur son sac de course de plastique. Toujours au ralenti, je sens mon cœur s’ouvrir et je regrette immédiatement mon regard trop curieux. Bien sûr, peut-être cet homme est-il doté d'une beauté infinie à l’intérieur. Mais sa gêne exprime ce que je suppose être de la peur, comme s’il avait souhaité s’enfoncer sous terre et se soustraire à mon regard. Comme cela m’arrive aussi. En moi, des mots crient: "Je vous comprends, n'ayez crainte, comme vous je me sens parfois un "freak". On est pareil, je suis désolée pour ce jugement que j'ai porté sur vous."
Je ne dis rien, bien sûr, un mur de bienséance nous sépare...
Dans ma voiture, je suis émue, de compassion ou peut-être d'impuissance? Et je vibre de gratitude pour cette rencontre. En cette mâtinée qui avait débuté dans la mauvaise humeur d'une nouvelle nuit d’insomnie, cet homme m’avait, tel un réveil au cœur, rendue humble et sensible.

mardi 10 août 2010

Le cadeau


Elle ne me voit pas, ni ne sens mon regard sur elle. Je me suis éloignée. De là où je suis, je peux la voir. Je regarde ma mère.
Son visage est impassible. Seuls ses yeux bougent, se posent sur l’un ou l’autre. Elle écoute, ne dit rien. Personne ne lui parle. De temps en temps, elle prend son verre de vin et bois un peu. Elle semble très loin, là physiquement et comme invisible. Enclose, au-dedans d’elle-même.
Sa solitude me touche. D’elle émane un désespoir silencieux. Elle attend ou peut-être n’attend-t-elle plus rien ? En un éclair, je perçois sa vie d’enfant non cajolée, son vide intérieur qui se lit dans son regard vide lui aussi.
Elle est ma mère, celle qui m’a portée et a donné de sa chair pour me faire naître. Elle m’a donné ce cadeau et c’est déjà immense. L’essentiel. Le reste a été de me transmettre ce sentiment de vide. Ce manque d’elle, je l’ai combattu de tant de colère d’incompréhension et de larmes de chagrin. J’ai voulu la réveiller, lui crier que j’existais. Et aussi la porter, l’aider, la délivrer de son sortilège.
Aujourd’hui, je lis en elle comme dans une eau transparente. Elle est ainsi. C’est sa vie, son choix et son non-choix.
Je me lève et m’approche d’elle. Je pose doucement mes mains sur ses épaules. Je lui offre ce qui nous a manqué. Enfin, je suis son amie.

samedi 24 juillet 2010

La fleur du bonheur


La fleur du bonheur se révèle sur les chemins de la liberté.
Elle ne supporte que le grand air, la terre sauvage, le vent libre sur son cœur rosé.
Elle adore le soleil qui lui donne vie et presqu’autant les nuages quand l’ardeur de son adoré est trop grande.
Le chant des oiseaux l’émerveille. La brise légère la berce. Les tempêtes chahutent ses pétales et la font follement tanguer.
Parfois, elle frissonne d’un regard posé sur elle. Il lui dit combien elle est belle. Grâce à lui, elle connaît la beauté, la sienne et aussi celle de qui l’a regarde.
Il arrive qu’un malheureux la piétine. Plutôt que d’en vouloir au ciel, elle écoute le souffle court de son cœur abîmé. Elle patiente. Elle sait que bientôt, elle se redressera. Elle sait aussi, qu’un soir, elle partira pour rejoindre sa mère divine et son père céleste.
Au détour d’une rue ou d’un bosquet, la fleur du bonheur s’offre à ceux qui s’arrêtent et prennent le temps de la contempler. Sa présence éphémère vibre de la joie d’être vivante.

jeudi 24 juin 2010

Tangente

Le comique de la situation commence à m’apparaître. Ça s’allège. Je respire. Je vois le « c’est tordu » et le « ça m’échappe » qui me renvoient à de vieux pièges émotionnels.
Flash back :
D’abord ça prend la tournure d’un scénario non prévu. On était bien amoureux la dernière fois que l’on s’est vu ? C’était plus que gentil et tranquille, quelque chose du cœur… pour moi seulement ? Le doute entre en jeu.

Le scénario prend la tangente du drame à l’horizon.
Un premier sms : « comment ça va ? » Pas de réponse.
Le scénario drama s’accentue légèrement. Les nuages s’avancent dans le ciel.
Le lendemain, re-sms : «Allo, ici la terre, et toi où es-tu ? » Pas de réponse. Le cosmos est vaste, peut-être le message prend-il le temps d’arriver ? Stand by.
Surlendemain, les nuages sont en place, prêts à l’averse , voire à l’orage ? Messagerie cette fois : « Toi humain, moi aussi. Communication, langage, mots et même borborygmes, pourquoi pas ?, sont les bienvenus. » Silence radio.

Le décor, les machinistes, l’actrice, tout est prêt. Elle tremble, elle allume une ixième cigarette, son visage est contracté. Elle regarde le ciel. La voilà qui pleure. On dirait du Jacques Brel ou de l’Antonioni mouillé. Amertume, colère, tristesse. Guetter le téléphone, toutes les 38 secondes. Rien ou plutôt une immense impuissance.

Et puis, le déclic ! J’ai déjà vécu ça. Avec un autre. Avec des autres. Avec papa. Avec maman. Blessure narcissique. Ego. Agrippement. Demande. Attente. Ç a devrait être autrement.
A (p)prendre ou à laisser. Un choix. Le cœur s’ouvre, l’ego lâche. J’accepte.

Là, le voile se déchire. Je laisse. Je ne sais pas ce qui se passe. Je ne sais pas ce qu’il vit, le "bad guy" sauvage et imprévisible. Je me décolle de l’actrice, de la scène. Je reconnecte l'ici, maintenant, la douceur de l’été. Je reviens à mes pieds, à mon corps. Il est fatigué, c’est le temps du repos.
Et demain, va pour un autre scénario ! A(p)prendre ou à laisser. L’histoire est à inventer !
A la production, toujours le même : the big One, l’invisible : Dieu.

Epilogue: Il n'avait pas consulté son GSM depuis des jours, batterie à plat. Sauvage! L'enfer, ce n'est PAS les autres, Mr Sartre !

mercredi 14 avril 2010

Faire le mort


Je me souviens d’« Eloge de la fuite » de Henri Laborit. Face à l’agression, trois modes, venus du monde animal, sont possibles: Agresser, fuir ou faire le mort.
Dans ce texte, je parlerais du troisième: « Faire le mort. »
Suite à quelques informations reçues comme agressions car remettant en questions de profondes croyances, (Je ne peux que remercier ces informations, tel le bouddhiste qui voit en son « ennemi » le plus grand maître), mon psychisme s’est mis en mode « stand by. » Cela s’est produit tranquillement, comme un voleur qui avance sur la pointe des pieds.
J’étais dans mon canapé, un soir, à regarder un film censé me faire rire, une comédie belge à grand succès et j’ai tout à coup réalisé que je n’avais plus ri depuis des jours. J’avais juste esquissé quelques rictus, la mort dans l’âme.
D’abord ça m’a fait: « Oui, ben, bon et alors, c’est quoi le problème ? » Puis: « Ah bon, je tire la gueule, contre qui ? Dieu, le destin ! C’est du sérieux. Je vais examiner la chôse. »
Continuant de regarder mollement le film, ça s’est mis à penser ceci : « Je suis en lutte, sur la défensive. En mode survie. Pour ne plus sentir les coups, je me suis roulée en boule psychiquement. Plus de coups et plus de joie non plus. »
Plus loin dans l’exploration, j’ai réalisé que de vivre ainsi à moitié morte était un état qui satisfaisait ma part de contrôle. J’étais maussade mais en zone connue, contrôlable. Contrôle de la peur. La peur de … ? L’inconnu et aussi de ma part lumineuse, ouverte, amoureuse, vulnérable…
Il y avait donc sensation de bénéfice à vivre à basses vibrations. Douce dépression. Sauf que la conscience titille le trop confortable. Ou encore que ce qui a été un jour appris, ressenti, intégré refait surface sans avoir rien demandé. Et pour d’autres raisons probablement. C’est complexe un être humain, l’air de rien!
Un autre aspect de l’exploration de « Faire le mort » m’a aussi dit ceci : « Le bonheur, c’est toujours pour demain ». Demain, plus tard, ça ira toujours mieux. C’est déjà ce que je me disais enfant lorsque je boudais. J’étais une grande boudeuse. C’était mon arme, ma défense, faute de pouvoir m’exprimer. La bouderie survenait lorsque je me sentais blessée par une situation, certaines paroles. Ca n’était pas comme je l’aurais voulu.
Adulte, j’avais repris inconsciemment le même modèle sous la forme de « Faire le mort » lorsque « ça n’était pas comme je l’aurais voulu. » Façon de dire « Je refuse, je ne suis pas d’accord. Demain, plus tard, lorsque la situation sera favorable, alors là, oui, je vivrai… »
C’était comme de dealer avec la vie : Vivre à conditions de…, aimer à conditions de…, sourire à conditions de…
Ce deal, j’en prends conscience une fois de plus, n’est pas possible. La vie, l’amour sont sans conditions.
Voici le moment de la question:
« Si les conditions ne te semblent pas favorables, que fais-tu ? Agresser, fuir, faire le mort OU vivre, aimer et sourire ? »

mercredi 7 avril 2010

Infini

Hier, j'ai croisé dans le regard d'une vieille dame l'infini de l'amour.

lundi 5 avril 2010

Il m'a été dit...


Voici venu le temps du "assez", quelle que soit la mesure. Assez de temps, d’argent, de santé, de silence, d’amitiés, d’amour, de nourritures matérielles, de dons célestes, d’harmonie, d’écoute, de sexe…
Fi des regrets, des j’aurais pu, j’aurais du, il eût fallu, ç’eût été… Peut-être est-ce un signe que les gamins d’aujourd’hui n’emploient plus, ou rarement, ces phrases de remords ou de regrets ?
Voici venu le temps de la gratitude, le temps de cueillir les fruits du « maintenant » dans l’alignement vertical de la Terre et du Ciel et celui, horizontal, du Cœur.

samedi 27 mars 2010

Instant présent


S’ouvrir à l’instant présent, c’est comme ouvrir la porte à l’amoureux(se) qui patiemment vous attendait pour vous offrir le présent le plus précieux qui ait jamais existé.

mercredi 10 mars 2010

Quand le coeur s'ouvre


Quand le cœur s’ouvre,
C'est un retour à l'enfance.

Quand le coeur s'ouvre,
Seul l’instant présent compte.

Quand le cœur s’ouvre,
Le pardon s’offre pour ceux que l’on a maladroitement aimé, y compris soi même.

Quand le cœur s’ouvre,
La clarté illumine tous les manquements passés.

Quand le cœur s’ouvre,
Une vague de tendresse enlace tous les malheureux dont le cœur est meurtri.

Quand le cœur s’ouvre,
Même plus envie de chocolat !

Quand le cœur s’ouvre,
Rien ne distingue les larmes de joie ou de douleur.

Quand le cœur s’ouvre,
La gratitude envers la vie inonde l’âme.

Quand le cœur s’ouvre,
Toute l’amertume d’avoir crû ne pas être aimé(e) s’évapore.

Quand le cœur s’ouvre,
Les visages de la résignation apparaissent avant de disparaître.

Quand le cœur s’ouvre,
C’est une grâce, un silence…

Quand le cœur s’ouvre,
La réconciliation avec « qui je suis » le fait chanter.

Quand le cœur s’ouvre,
Naît la certitude que rien ne peut être enlevé, que nul n’est oublié de Dieu.

Quand le cœur s’ouvre,
Vient la connaissance que l’amour est donné à chaque instant.

Quand le cœur s’ouvre,
Le monde entier est un ami.

dimanche 28 février 2010

Plume

D’abord il y eut un premier contact. C’est dimanche matin, au réveil, rien ne presse sous les draps. Puis surgit une pensée qui bondit, court et s’écrie « Je suis en retard ! En retard ! En retard ! » tout comme le lapin blanc dans Alice au pays des Merveilles. Je lui demande « Mais où ça ? » « Loin d’ici, loin de maintenant ! ».
Ça me chipote. Là, maintenant, ce sont des draps doux, la chaleur de la couette, le moelleux des muscles qui s’enfoncent dans le matelas comme dans un sable chaud.
Décalage. Pourquoi prendre la fuite alors que c’est ici, à cet instant, à cet endroit que je jouis d’être ? Je vois à quel point cet « ailleurs » est pure illusion. Toc, toc, y a t-il quelqu’un dans cette totale construction imaginaire ? Il n’y a personne…

Deuxième contact, un peu plus tard, sur le tapis de méditation. Espace plus intime, j’en dirai peu, juste assez pour que les mots ne blessent pas, ne déchirent pas le fin tissage.
Les pensées tournent en rond. Elles s’accrochent à un endroit précis du passé. Qui n’est plus. Illusion à nouveau. Je reviens dans la sensation de l’instant présent. La peur surgit « si tu lâches, tu perds ce à quoi tu t’accroches ». Je connais ce chemin. C’est un faux-semblant, un trompe l’œil, un simple voile à traverser. L’ego doit céder. Pour lui, c’est une mort. Un saut dans le vide.

Alors c’est là, l’origine et la destination. Là, ça ne pense pas, ça écoute, ça pressent. Au sein du silence, il y a des rires, légers, qui volettent comme des lucioles. C’est délicat comme une plume qui danse dans l’espace et prend l’infini du temps pour caresser, tout doux, le ciel et la terre.

mercredi 17 février 2010

Coeur à nu


La douceur de sa peau me surprend.
Sa main douce dans la mienne, je regarde mon père et lui aussi me regarde. Une question presque une imploration vibre au bord de son regard. Peut-être est-ce de se sentir partir vers un ailleurs qu’il redoute?
Je le sens perdu. Sa minceur de vieil homme malade me touche.
Peu de mots franchissent nos lèvres, lui, disant qu’il croit pouvoir s’en sortir. Moi, de l’encourager à reprendre des forces. Des mots inutiles car dame Mort sait quand l’heure sonne juste pour chacun.
Entre les mots, du silence et nos regards qui en disent long…
Malgré la maladie, malgré sa difficulté de partir, malgré l’émotion qui balaie les souvenirs, quelle paix et quelle joie pour moi d’être auprès de mon père.
Longtemps redouté, le voici le cœur à nu, dépossédé par la colère. Les barrières sont rompues, je peux l’approcher et être là à sentir sa présence et son absence, bientôt.
Ma mère, cinq minutes plus tôt, me disait combien elle souhaitait mourir vite, presque par accident.
Pourtant comme ces moments sont précieux sur le fil de la vie.
Nos histoires se sont emmêlées. Il a joué son rôle dans la mienne, moi dans la sienne. Ce furent des moments parfois complices, souvent très rudes. Quelques sourires vite masqués, souvent des larmes et des mots qui font mal. Qu’il me permette de l’approcher et les drames s’effacent, les meurtrissures se réparent.
On se regarde. Il est ému. Je suis heureuse de ce moment et je lui dis merci. Puis au revoir car c’est ainsi que l’on dit même si on ne sait si ce sera le cas.

samedi 13 février 2010

La réponse


J’apprends à danser sur le fil de la vie, sans filet. Funambule, je contemple les ravins où je peux tomber, les sables où je peux m’enliser et les cages dorées où je peux m’enfermer. Je franchis le voile des larmes, voici le monde coloré du présent. Face au futur, le vertige me prends : que vais-je devenir ?
" Telle que tu es, reliée au fil d’or, tu goûteras la vie » chantonne le merle, bec au vent.
« N’ais-je rien à craindre? »
« Tu connais la réponse. » répond mon cœur, cette fois… « Tu n’as qu’à aimer. »

mercredi 3 février 2010

Mon seul pouvoir


Mystère de ces fils que nous tissons les uns avec les autres…
Un nouveau se crée, un ancien s'effiloche. A chaque instant, renaissance et mort. Lesquels de ces fils resteront gravés en notre âme ?
Les souffrances sont de passage. Le cœur est toujours là.
Toutes ces images de mon lien avec toi, une part de moi, celle de l’ancien scénario, voudrait les retenir. Mais ce pouvoir n’existe pas. Gravées dans le sable du temps, elles s’effaceront et perderont peu à peu leurs couleurs. Reste l’amour, ineffaçable.
Je ne décide de rien.
Mon seul pouvoir est de choisir de lâcher-prise ou de serrer les dents. Mon choix est clair car aujourd’hui, je sais deux choses :
La première est que la vie est plus riche que tous les scénarios que je peux construire.
La deuxième : Dieu nous aime infiniment.

mardi 26 janvier 2010

Unique


Sait-on jamais pourquoi l’on plaît ?
J’ai longtemps voulu être d’autre(s), plutôt que moi. Si j’étais plus… Ou plus… Avec un regard comme ci… Une bouche comme ça… Différente de moi, surtout pas moi. Non pas que je ne me plaise pas. Plutôt pour plaire à l’autre. Ainsi si j’étais, si je faisais un effort pour devenir… j’aurai l’amour de l’autre à jamais, je ne serai plus quittée, délaissée, abandonnée.
Or unique, telle que je suis, cela n’est, ne sera et n’a été, qu’une seule fois. Ma présence sur cette terre n’existe qu’en un seul exemplaire. Un joyau tout comme les huit milliards d’humains actuellement, sans oublier chacun de l’ensemble de la création, animale, végétale, minérale. Cette carotte que je viens de manger était l’unique! Tout comme moi, sertie de défauts et de qualités, ni plus, ni moins que chacun, variables et définis selon les modes, les époques, les cultures. Relatifs. Tandis que « ce que je suis », ce que chaque particule vivante EST, est intrinsèquement belle dans son unicité.
Intrinsèquement limitée ? Je suis sous cette forme et pas une autre ? Le bon sens dira que je ne puis être une longue femme de 1,80 mètre, aux cheveux blonds bouclés. Soit. Un trop grand écart physiologique n’est pas possible mais…
A partir du moment où j’aime en totalité ce que je suis, quelque chose change dans la perception de moi-même. Si je m’aime, seul l’amour règne et non plus la peur de n’être pas aimée. Vient le temps de n’avoir plus le souci du regard de l’autre et qu’éclatent alors les limitations mentales de qui l’on croyait être. C’est un peu comme de se placer légèrement de côté. Au début, ce déboîtement est peut-être peu visible extérieurement. Mais à l’intérieur, c’est un grand fracas, comme une montagne qui déplacerait sa masse de 1 mm de côté.
Ainsi se détache le vouloir être dans un océan d’inconscience et apparaît l’être sans limites dans une non-volonté. Et que commence l’exploration du « je suis ça » aussi, cette facette là, cette délicatesse là, cette folie là… Vertigineuse perspective d’un « je » se reflétant dans le miroitement du Jeu divin.