dimanche 12 avril 2009
Requiem
Dans un cercueil de détritus.
Certains auront la panse pleine
Sans l’ombre d’une pensée sereine
Juste quelques rots suivi d’un pet
Qui signera leur fin de goret.
Faim, certains l’ont toujours eu
Comme seul et unique bien.
Ces gueux portaient la voix parfois,
Ô misère, pour réclamer leur dû.
Du haut de son piédestal et des ses incessantes chimères,
L’homme est tombé.
Dame Nature, victorieuse
N’en a fait qu’une bouchée.
Il se croyait si fort pourtant !
Seul pourvu de l’organe de divine compréhension :
Le néocortex frontal… Sorte de Mazeratti
Super bolide qui faisait sa fierté
Qui d’un seul coup l’a envoyé valser
Et l’a foutu dans un beau pétrin.
Oxymoron funeste
Voici venu le temps
De la belle mort de l’homme,
La belle affaire !
Je connais plus d’un animal
Qui, s’il en avait, ne verserait de larmes.
Toute la création sera enfin délivrée du sombre chemin
Qui la conduisait à l’abattoir et même au camp de concentration
Au nom de leur non-humanité
Sommé d’être pour lui, objet de consommation.
Tout en l’homme n’était pas mauvais et de loin,
L’amour, il le ressentait, le partageait
Et parfois le faisait de si belles manières,
Que des feux par milliers s’éblouissaient sans artifices
Et donnaient aux anges des frissons de délice.
Le petit d’homme était aussi remarquable
Avec son cœur naïf qui palpitait d’extase
A la vue d’une rose fraîchement éclose et au parfum de Paradis.
Il en avait gardé le goût sur la langue.
Et de ce savoir, il aurait pu en faire le Paradis sur Terre.
Mais on lui a donné des mots, tels que :
Avidité, loi de la jungle, compétitivité.
Il a quitté l'innocence de « chat perché »
Et préféré celui du très grand méchant loup jamais rassasié.
L’homme tire sa révérence
Laissant sa petite planète en grande déserrance
Elle s’en remettra, c’est sûr et pansera ses plaies.
Puis dans quelques millions d’années,
Du sablier du temps émergera
Une nouvelle forme d’humanité.
Plus sage peut-être…?
Orchestre de l’univers chante à l'homme un dernier requiem
Et que Dieu lui pardonne
Il a fait ce qu'il a pu…
lundi 2 mars 2009
Une non-histoire.

Parfois, ça va si vite en moi.
Comme une fusée,
Je me sens prête à crever le ciel.
Explosion de chair
Qui se dilue dans l’espace silencieux
Puis retombe.
Un tyrannosaure écrase les morceaux éparpillés
Sur le carrelage de la cuisine.
Scratch !
Le sang gicle
Sur les murs blancs cliniques.
Une coulée vermeille s’écoule
Amoureusement
Sur le carreau de la fenêtre.
Dehors, la pluie se déprime
De sa propre existence.
Chaque seconde est une éternité …
lundi 16 février 2009
Slam pour l'ami(e) II
Qui déboule continu,
A côté, pas dedans, rien n’à voir,
Juste des mots, des morts-nés,
Des pensées, qui n’en font qu’à leur tête,
Laisse tomber !
Le filou, le brigand,
L’imagine erre non-stop
Sans souci, jour et nuit,
Garanti, t’es la star d’Hollywood
Qui never ne s’ennuie.
Laisse tomber putréfiées
Les armures qu’on s’bricole
Car c’est nu, peau à peau.
Que l’amour on le fait.
Sensations au portique
Et qui s’y frotte, s’y pique,
Voluptés du Réel au topic !
Le train-train est parti.
Un enfant, tu deviens
Et tu goûtes et tu vis
Dans la bouche un brin d’paille.
Chaque instant est créé
Le lend’main ça s’pense pas.
C’est trop loin et fini
Les programmes insensés!
Délivré du singe fou
Qui t’prenait en tenaille,
Te voilà frémissant,
D’la vie pure en bataille.
Expulsé hors d’ ton monde
Casino autarcique,
Sens en fête, c’est ripailles,
Sans discours qui te niquent.
Aux racines de ton souffle,
Laisse ton corps te parler
Des mystères qui s’dévoilent.
Ds l’silence, en secret.
Peu à peu tout se calme
L’charme opère,
Tu désarmes,
Les requins sont partis
Détendu, tu souris.
dimanche 15 février 2009
Slam pour l'ami(e)
Elles n’en font qu’à leur tête, sans doutes ni cœur à déclarer.
Si t’essaies de les suivre ou de les contrôler,
C’est sûr que tu vas tomber raide, type ensorcelé(e).
Descends du haut de ton imaginaire qui, le filou, s’est construit
Des relais cinq étoiles, qui brillent non-stop jour et nuit,
Ersatzs d’Hollywood où quelle chance, c’est garanti,
Tu serais pour toujours adulée, la big star, qui jamais ne s’ennuie.
Laisse tomber l’écorce putréfiée de l’armure des mots
Car c’est nu que l’amour se fait, peau tout contre peau.
Wiz dear Réel, sensations au portique
Et qui s’y frotte, s’y pique de voluptés au topic.
Comme un enfant, sois sans lendemain.
L’instant peut tout te donner, s’en est fini du train-train.
Cul dans l’herbe fraîche, dans la bouche un brin d’paille,
Désormais s’ra l’unique programme, sans toc et sans failles.
Délivré du singe fou qui te prenait en tenaille,
Te voilà frémissant, tous sens en bataille.
Hors de ton super casino ultra monologué,
La vie pure s’invite aux ripailles de la fin des discours insensés.
Aux racines de ton souffle, laisse ton corps te parler
Des mystères qui, peu à peu, se laissent dévoiler.
Détendu dans le silence de ton esprit calme et serein
Le charme opère au rythme secret, tu verras, c’est divin.
mercredi 11 février 2009
Pas de quoi...

Pas de quoi s’apitoyer
Rien que sentir mon cœur un peu fendillé
De tous ces mots mal embarqués
Pas de quoi fouetter un chat
Juste que la vie fouette lourd parfois
Ça laisse des traces même si on les voit pas
Pas de quoi en faire une maladie
Ni d’en vouloir à l’autre qui blesse
D’avoir été lui même blessé de nos maladresses
Pas de quoi être rabat-joie
La petite musique est toujours là
Au creux des ciels qui changent sans cesse
Pas de quoi pointer du doigt
Ce mental, drôle d’engin qui me laisse sans voix
Et qui turbine sans foi ni loi faute de savoir pourquoi
Pas de quoi hurler de désespoir
Plutôt être là, bercée par lune
Présente au silence dans le creux du soir
Pas de quoi en faire un fromage
La fatalité n’est pas ma religion
Avancer sans appui tel est ma dévotion
Pas de quoi saisir, vouloir ou prendre
N’ais-je pas vu le grand schéma
Qui me fait dire que je ne choisis pas ?
Pas de quoi se ronger le foie
Accepter d’être ce petit pois
Encore et toujours bleu de toi
lundi 10 novembre 2008
Des coups!
Y a des coups durs et des coups de mous,
Qui s’enchaînent sans coup férir.
Des ptits coups de langue de chat dans ton joli cou,
Et plus si affinités…
Parfois, y a des coups qui se perdent.
Des coups de pied au cul qu’on se donne.
Et certains qui tirent leur coup.
Y a les heureux coups du hasard et les zaffreux coups du sort,
Y a des coups bas, tapis dans le noir.
Des coups de cafard les soirs de brume et de brouillard.
Y a les coups de vache, les cous de girafe, du lapin et même du chien
Que des coups de gueule...
Dans les jeux de cartes, y a des coups de poker,
Et dans les mines, des coups de grisou.
Dans les chaumières, des coup de chiffon ou de balai,
Et dans les cieux, des courroux jetés par les Dieux offensés.
Dans la vie,
il y a aussi des coups de boule, de pied, de griffe, de poing, qui tous cherchent la castagne,
Et des coups de reins que l’on réclame car on n’est pas des Saints.
Les plus démocratiques sont les coups de sang; aristo, plouc ou truand, noir, juif ou gouine, communiste ou pdg, on n'y coupe pas : c'est du rouge !
Très rares et très recherchés sont les coups de foudre aux douze coups de minuit.
Plus rares encore, les coups de soleil sous nos grises contrées.
Mais les coups de cœur, par bonheur, il en pleut des masses dans nos âmes chavirées.
Et justement, quand je chavire,
C’est quand tes coups de genoux pressent les miens de ton désir ardent.
Mais tout à coup, j’accuse le coup, c’est le coup de gong. Alors sonne de la fin de mon texte…C’est le couperet !
dimanche 20 juillet 2008
Moi je voulais
Moi je voulais, un destin
Qui claque au vent comme un drapeau américain
Une vie style « tout ou rien »
Qui brûle et qui éclabousse tous sur son chemin
Moi je voulais danser, radieuse, comme une étoile dans le sombre firmament
Rêver, debout, des mondes étourdissants
De couleurs qui allument le regard longtemps, longtemps…
Moi je voulais bondir, sauvage, comme le puma sur sa proie
Vibrer au rythme doré d’une harpe dionysiaque
Transpercer la vie comme une flèche suprasonique
Moi je voulais, écarteler mon cœur à des cieux infinis
Connaître la paix immobile de la pierre
Sphérique d’immortalité, totalement, absolument…
dimanche 20 avril 2008
Caméléonnement vôtre
Je regarde ton visage,
Emouvant au gré de tes sourires,
Eblouie, je suis toi quelques heures,
Toi, c’est moi ou l’inverse ?
Caméléon.
Je me souviens d’un théorème,
Tout corps plongé dans un liquide…
Moi, c’est dans ton corps que je plonge,
Comme un cristal, de sucre, je me fonds,
Caméléon.
Refrain
C'est pas qu'avec toi que c'est ainsi...
Avec le moine, j’porte la soutane,
Avec l’ado, j’kiffe msn,
Avec bobonne, j’suis trop gentille,
Avec pépète, j'me prends la tête,
Avec le con, j’suis cornichon,
Caméléon.
Vivre dans l’ombre ne brûle pas,
Et avec moi, y a pas d’orages,
Pas de conflits, ni de chichis,
Tout tourne rond, parfois ronron,
Caméléon.
Mais toi, t’as l’œil, dans le p’tit manège,
Tu as filé, un bon coup de « Marre ! »,
Un bon coup de pied, « T’es transparente,
T’es qui, où t’es ? J’rencontre du même
Que moi, c’est pas marrant, faut du
Relief, marre que tu t’greffes, façon
Caméléon.
Refrain
Sur cette arête me suis blessée,
Meurtrie, dans l’noir je suis tombée,
Plus de modèle sur quoi m’baser,
Plus de couleurs que j’puisse copier,
Ma peau sous le choc s’est détachée,
A mue toute crue me suis r’trouvée,
Pôvr Caméléon.
De solitude, Caméléon,
Il a crevé, monde écroulé.
« Alors qui suis-je ? Tiens j’ai des jambes,
Je peux danser. Tiens, des oreilles
Pour écouter. Oh une bouche
Pour raconter, et puis un coeur
Qui sait aimer. Je suis moi-même,
Fin du chapitre,
Caméléon.
vendredi 21 mars 2008
Le baume des mots
C’est l’histoire égoïste d’un beau salaud
Qui d’avoir envie de voler plus haut
Lâche sa belle en faisant le saut
Voilà sur le sol, la douce, meurtrie
Son âme troublée se sent trahie
Toute la douleur du monde en elle réunie
C’est l’histoire brutale d’une rupture
Elle, le cœur béant offert dans l’obscur-
ité du silence a mal sans point de suture
C’est sûr que la vie, c’est pas que des pralines
Ni du choco avec de grosses tartines
Mais il y a pour elle, dans ce fini, un sale goût de rapine
C’est l’histoire stupide d’un désamour
Et les princesses c’est sûr préfèrent les toujours
Toujours je t’aimerai, ô mon amour…
Dans le réel, un jour, un serment, il lui donna
Et le sieur, à cette heure, n’en fait pas grand cas
Préférant semer alentours larmes et fracas
C’est l’histoire bancale d’une souffrance
Ô combien seul on est dans cette errance
Avec cette épée en nous qui lance, qui lance
Cette épée soudain elle s’en saisit
Et elle crie « Ton coeur va-t-il se laisser faire,
Mené, une fois de plus, par ton mental autoritaire ?»
C’est l’histoire merveilleuse d’un trésor
Né de leurs différences et de leurs corps
Qui, à ses yeux à elle, valent bien plus que de l’or
C'est l'histoire banale d'un amour...
mercredi 12 mars 2008
Mon 1er Slam !
Instant lucide, instant opaque
Je ne sais mais c’est une claque
Question décor, j’suis dans le tram
En moi il y a des boums des cracs des patatrams
La ville n’est-elle qu’un grand cloaque
Où tout, sous le verni, se craque ?
Qu’est-ce qu’on fout là, ç quoi cette rogne ?
Dans toute la ville, on se croise, on se cogne
Tout ce béton, ces gaz qui puent
Les klaxons, sirènes, la foule dans les rues
Espace enfants, espace santé, espace fumeur
Le manque d’espace est une tumeur
On sort en boîte, et si tu bosses
ç dans quelle boîte ?
Et à la fin, ç là aussi
Qu’on finira on le sait bien
Justement parlons-en de celle-là, la muerte !
Celle que dans les villes, on ne voit pas
L’alcool, la clope, la bouffe, le sexe
Pour lui échapper tout est prétexte
Mon cœur désemparé cherche le sens
Où sont les autres qui cherche l’essence
De leur âme, flottant à la crête des larmes,
Sans armure et sans arme ?
Je porte en filigranes de ma chair
Le rêve d’un monde sans enfer
Et pour trouver ce paradis
J’crois bien que j’dois m’casser d’ici
Je ne verrai plus ces faces de rats
Qui trop souvent m’mettent raplapla
J’irai humer le parfum des fleurs
Papoter près des pois de senteur
Compter fleurette aux papillons
Dans les champs pousser un ptit roupillon
Adieu monde des villes
Bonjour monde des mille et une nuits
Dans tes bras qui m’enlacent
Et dont jamais, je ne me lasse