samedi 18 septembre 2010

Métamorphoses


Frissonnant de volupté, je ressens tout le long de ma peau chaque grain du sable chaud.
Je transmute jusqu’au cœur des cellules le poison en guérison.
Je suis serpent

En apesanteur sur ma toile, je me balance et goûte sur mon ventre chaque souffle de vent.
Je tisse avec mes fils le monde des rêves infinis.
Je suis araignée

Totalement là, totalement en sécurité, je perçois sous mon écorce le va et vient de la vie qui circule.
Je vibre avec le vert de mon monde, avec la terre et la lumière.
Je suis arbre

Immobile dans la nuit, j’écoute la musique de l’eau fraîche de la source.
A son rythme, perpétuant le cycle de vie, je ponds.
Je suis grenouille

Sous les cieux où règne mon frère le soleil et ma sœur la lune, je sème les germes de vie en riant.
Je me sens belle, nul ne peut me souiller
Je suis la terre

Bondir, sauter, s’envoyer en l’air
Légère, je ne pèse pas sur le sol, je l’effleure et puis repart
Je suis sauterelle

Ma peau résonne l’appel des vastes paysages et des esprits qui les peuplent.
Je suis frappé et frappe la porte du cœur de qui m’écoute.
Je suis tambour

Souvent confus dans le labyrinthe des désirs, je me perds dans les pensées et oublie mon cœur.
Et si grâce à la conscience je connais ma perte, je peux aussi goûter la joie de la métamorphose.
Je suis humain

lundi 6 septembre 2010

La source

Les rumeurs de la ville s’estompent.
Depuis la berge, de petites étoiles miroitent sur la surface de l’eau où une poule glisse sans bruit.
Les arbustes et les branches d’arbres se balancent mollement au gré d'un vent qui les berce.
L’air est doux sur la peau.
Chaque être dans ce parc semble se recueillir en une mystérieuse prière au ciel et à la terre.
Une source glougloute.
Je ferme les yeux.
J’écoute le dedans et le dehors.
Leur différence peu à peu s’annule.
L’eau vivante et rieuse me murmure :
« Sois légère et claire comme une source. Laisse couler… »
Je me lève, vivifiée et unie. A chaque pas, mon corps pèse de la joie d’exister.

mardi 31 août 2010

Gaïa


Un constat : Le jour du dépassement, 21 août 2010

Le 19 décembre 1987, pour la première fois de son histoire, l’humanité vivait au-dessus de ce que la terre pouvait lui offrir en un an. Selon l’ONG Global Footprint Network, le jour du dépassement (Earth Overshoot Day) aura lieu cette année le 21 août. L’an passé, c’était le 25 septembre, la capacité de la biosphère à se régénérer et à absorber nos excès fout le camp de plus en plus tôt.
« Il aura fallu moins de neuf mois pour épuiser le budget écologique de l’année 2010. Si vous dépensez votre budget annuel en neuf mois, vous allez probablement être extrêmement inquiet : la situation n’est pas moins grave quand il s’agit de notre budget écologique », précise le président de l’ONG, Mathis Wackernagel.
On sait tous comment faire moins. Allons-nous vraiment le faire ?

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2010/08/19/le-jour-du-depassement-21-aout-2010/

L’émergence d’un rêve nouveau : Soyons le changement

Discours de Paul Hawken - www.wiseearth.org
"Il existe une autre superpuissance ici sur Terre ; c’est un mouvement qui n’a pas de nom; […] c’est le mouvement le plus diversifié que le monde ait jamais connu […] Ce mouvement est la réponse du système immunitaire de l’humanité pour resister aux divers crises auxquelles le monde doit faire face aujourd’hui."

Via cette adresse, 3 vidéos (traduites en français) du mouvement "The Pachamama Alliance"
http://www.soyonslechangement.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=5&Itemid=2

Un petit quelque chose à faire pratiquement : une recette

Désinfectant écologique multi usages –salle de bain, toilettes

Pour 2 L- Mélanger dans l’ordre !!! Le respecter sinon ça mousssssssssse !

2 c à s de bicarbonate de soude
Eau chaude
1 c à s de vinaigre blanc
1 c à c de HE de Tea Tree
1 càc de HE de citron ou cannelle ou pin. Facultatif mais ça sent bon !

Pour un nettoyant- toutes surfaces
Ajouter 3 c à s de savon liquide naturel
Mettre dans des flacons (avec un entonnoir)

vendredi 27 août 2010

Un pas après l'autre...

Les aspérités qui surgissent sous nos pas (insupportables obstacles du point de vue de l'ego!) sont là pour nous polir afin que nous devenions des pierres douces et rondes qui roulons gracieusement sur le chemin de la vie.

mardi 10 août 2010

Le cadeau


Elle ne me voit pas, ni ne sens mon regard sur elle. Je me suis éloignée. De là où je suis, je peux la voir. Je regarde ma mère.
Son visage est impassible. Seuls ses yeux bougent, se posent sur l’un ou l’autre. Elle écoute, ne dit rien. Personne ne lui parle. De temps en temps, elle prend son verre de vin et bois un peu. Elle semble très loin, là physiquement et comme invisible. Enclose, au-dedans d’elle-même.
Sa solitude me touche. D’elle émane un désespoir silencieux. Elle attend ou peut-être n’attend-t-elle plus rien ? En un éclair, je perçois sa vie d’enfant non cajolée, son vide intérieur qui se lit dans son regard vide lui aussi.
Elle est ma mère, celle qui m’a portée et a donné de sa chair pour me faire naître. Elle m’a donné ce cadeau et c’est déjà immense. L’essentiel. Le reste a été de me transmettre ce sentiment de vide. Ce manque d’elle, je l’ai combattu de tant de colère d’incompréhension et de larmes de chagrin. J’ai voulu la réveiller, lui crier que j’existais. Et aussi la porter, l’aider, la délivrer de son sortilège.
Aujourd’hui, je lis en elle comme dans une eau transparente. Elle est ainsi. C’est sa vie, son choix et son non-choix.
Je me lève et m’approche d’elle. Je pose doucement mes mains sur ses épaules. Je lui offre ce qui nous a manqué. Enfin, je suis son amie.

vendredi 30 juillet 2010

Ma vie pour la tienne de Nick Cassavetes.


Synopsis:
"La vie de Sara et Brian bascule le jour où ils apprennent que leur fille Kate, agée de 2 ans, est atteinte de leucémie. Sur les conseils de leur médecin, ils conçoivent un autre enfant, Anna, qu'ils espèrent compatible avec Kate de façon à ce qu'elle puisse lui venir en aide pour des greffe. Sara décide de mettre sa carrière d'avocate en veilleuse et fait tout pour sauver sa fille, négligeant du coup son autre fille, Anna, et son fils aîné, Jesse. Mais à l'âge de 11 ans, Anna engage un avocat pour intenter un procès à ses parents, afin de faire cesser les procédures médicales sur sa personne. Cette volte-face bouleverse Sara, prête à tout pour faire entendre raison à Anna."

La petite Anna est une enfant au grand cœur. Déterminée aussi. Elle trouve la force et le courage de s’opposer au destin que ses parents lui ont imposé. De victime, elle devient maîtresse de sa vie.
Son acte de refuser de se sacrifier pour sa sœur peut paraître très égoïste. Il y a pourtant d’évidence un grand amour entre elle et sa sœur. Son visage exprime une profonde pureté d’âme (Abigail Breslin, quelle incroyable actrice déjà !). Alors que cache cette intention ?

Tout en délicatesse, le film explore les relations au sein de cette famille meurtrie. Tendresse, incompréhension, maladresse, intimité, conflits. Petites et grandes joies, grandes et petites peines. Nous pénétrons dans un univers où rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. Chacun avec son tempérament va son chemin au cœur du drame de la maladie sans issue mais qui transforme et transmute sur son passage.
Sans chichis, faux-semblant ou happy end, le réalisateur nous emporte dans des sphères sentimentales de haut vol.
J’en suis ressortie le cœur balayé et l’âme grandie.
Chapeau bas, Mr Cassavetes Jr ! Votre papa peut être fier de vous.

• Film américain
• Genre : drame
• titre originale : My Sister's Keeper
• Réalisateur : Nick Cassavetes
• Année de production : 2009
• durée: 1 h 47 min

• Cameron Diaz : Sara Fitzgerald
• Alec Baldwin: Cambell Alexander
• Jason Patric: Brian Fitzgerald
• Abigail Breslin: Anna Fitzgerald
• Sofia Vassilieva: Kate Fitzgerald
• Evan Ellingson: Jesse Fitzgerald

mercredi 28 juillet 2010

Paroles de sagesse


Nous nous entêtons dans la souffrance parce que nous pensons avoir une existence propre. Dans la culture amérindienne, nous savons que nous n’existons pas par nous-mêmes. Nous existons dans l’inter-relation avec tout ce qui existe. Et lorsque tu trouves ta place au sein du monde, lorsque tu te réalises dans ce que tu es venu explorer dan cette école qu’est la terre- qui pour nous est vraiment une école, une classe où l’on est venu étudier pour parvenir à d’autres écoles- et que tu t’accordes avec tout ce qui existe, alors tu vois le sens de la vie.

Si on s’éloigne de la nature, on perd la notion de qui l’on est. Si nous n’entretenons pas un rapport direct entre nos activités quotidiennes et les nourritures que nous mangeons, les vêtements que nous portons, les habitations dans lesquelles nous vivons, nous demeurons dans une bulle, séparés de la réalité. Alors, nous ne n’avons plus la compréhension de qui nous sommes. Cette compréhension est à la base de tout. Plus nous explorons cela, plus nous parvenons à un véritable bonheur. Nous nous apercevons alors que nous sommes beaucoup plus vaste que ce que nous pensions, que nous sommes le monde tout entier.

Aigle bleu, porte-parole de la tradition amérindienne au Canada dans « Ce que nous dit la nature », Editions le Relié, 2010.