lundi 21 juin 2010

Le féminin blessé

Je parle pour le féminin blessé

Je parle du sexe des femmes violentées
Je parle de l’innocence perdue de la petite fille blessée
Je parle de la violence contenue dans son poing serré

Je parle de la terre labourée jusqu’à épuisement

Je parle de la transparence de la femme non née à elle-même
Je parle de l’appel des femmes dans la nuit de l’âme
Je parle du silence des femmes bâillonnées

Je parle pour la pâquerette écrasée

Je parle du bassin des femmes où se tient la blessure
Je parle pour celles au corps sans poids
Je parle de la frustration des femmes qui ont perdu le contact de la terre
Je parle des femmes dans l’errance sans repos

Je parle de la baleine qui chante l’amour et que l’on tue pour sa chair

Je parle de la jalousie des femmes qui ne peuvent s’aimer
Je parle des femmes qui prennent pouvoir sur leur corps en ne mangeant pas
Je parle de la violence des femmes qui demandent aux hommes de leur prouver leur existence
Je parle de la solitude des femmes sans compagnon

Je parle de la forêt que l’on saigne à blanc

Je parle des femmes résignées à vivre à demi
Je parle des femmes qui savent et ne disent pas
Je parle des femmes qui parlent aux fleurs et qui ne trouvent les mots pour parler aux hommes

Je parle de la tortue qui danse dans la mer et que les sacs plastiques camisolent

Je parle des larmes des femmes qui voudraient être vues
Je parle des femmes qui n’ont pas connu les bras tendres d’une mère
Je parle des femmes qui se croient sans valeur et qui vendent leur sexe

Je parle au creux du solstice

Je parle du passage de l’ombre du féminin blessé à la lumière du féminin profond
Je parle de la vulnérabilité de la force et de la force de la vulnérabilité
Je parle pour la réconciliation du féminin et du masculin



Je parle pour qu’advienne le monde des rêves porteurs de sagesse.
Je parle du merci qui se dit dans le silence car c’est en lui que le cœur se déploie

vendredi 18 juin 2010

Crumble d’aubergines feta-tapenade ou le crumble « C’est délicieux, on est scotché »


Préchauffez le four à 180°. Coupez le pédoncule des deux aubergines, tendrement (non mais dis, attention à mon pédoncule). Coupez en petits dés sans les éplucher. Si vous avez le temps, disposez-les dans une passoire avec du sel pendant 30 minutes. Cette opération enlève l’amertume des aubergines et les rend plus digestes. Ensuite, rincez et pressez-les pour enlever l’eau excédentaire.
Pelez 2 gousses d’ail et écrasez-les (ou pressez-les dans un presse ail, c’est ultra pratique).
Disposez les aubergines dans un plat. Répartissez l’ail dessus. Salez (pas trop si vous avez dégorgé les aubergines avant), poivrez et arrosez avec 4 cuillères à soupe d’huile d’olive. Enfournez pour 15 minutes.

Coupez 100g de beurre en petits dés. Placez-les dans un bol avec 200g de farine de blé ou un mix de blé, de sarrasin ou de châtaignes (cette dernière est légèrement sucrée, joli contraste en perspective), 150g de tapenade (perso, je mets plutôt du pesto, à vous de tester) et une pincée de sel. Malaxez le tout avec les doigts. C’est le moment de fredonner une chanson, de Nougaro par exemple.
Cette préparation peut se faire la veille et se conserve très bien au frigo. En plus, les ingrédients ont le temps de faire connaissance, de se raconter des histoires…

Répartissez sur les aubergines, huit cuillères à soupe de sauce tomate, 200g de feta en dés, puis la pâte à crumble. Enfournez pour 30 minutes.

Le reste des ingrédients sont : des amis, le soleil, une terrasse, un bon vin… n’est-ce pas Chantal :-) ?

samedi 12 juin 2010

(R)éveil

Odeur de cadavre, odeur de mort.
Une partie de moi sommeillait, étouffée. Tuée par l’ogre.

La mémoire voyage dans nos mondes intérieurs.

Une descente au centre de la terre, aspirée par la masse et le néant. De ce mouvement jaillit une flèche (d’énergie ?) qui me transperce et me propulse telle une comète.
Disparition fugitive. Le technicien de bord a perdu le contrôle. Deux sensations opposées, simultanément.
Intense bousculade intérieure : muscles, os, tendons, peau, cellules, pas un recoin qui ne soit concerné. Pas de pourquoi, pas de comment, du brut de coffrage, sans retour possible.
Plus tard vient la honte d’avoir touché ça, d’être allée là-dedans. Le tilleul m’accueille, l’homme, (ce que je pourrai nommer les autres) le peut-il ? La réponse est simple : si je le peux alors il le peut aussi. C’est un « oui » à la vie transcendée par la mort, sans séparation.

Le monde est à l’image de qui je suis : un mystère à chaque instant renouvelé.

lundi 7 juin 2010

Constellation


Servir en n’étant rien, juste disponible. Tube. Se vider (ça se vide) et peu à peu se remplir (ça se remplit) de la vivante mémoire de qui je représente. Canal. L’énergie transmise porte une signature : couleur, texture, fluide… Elle se traduit en gestes, regards, attitudes et un ressenti corporel : chaud-froid, détente-tensions, vibrations. Les émotions affluent. Le constellateur orchestre. Je suis son instrument et avec d’autres, nous jouons la partition d’instant en instant. Magie et beauté de cette musique une seule fois jouée.
La constellation prend fin. Je rejoins ma propre signature enrichie de la connaissance de celle de l’autre. Cette conscience élargie s’offre à la trame vibrante de l’univers.

mercredi 19 mai 2010

Contempler ma propre beauté


Aimer qui je suis
Etre tendre pour cette part de moi que je ne voudrais pas être
Quitter la lutte de vouloir une autre vie, un autre corps, une autre histoire (l’histoire n’est pas qui je suis).

Aimer qui je suis
Me réjouir de ce que je crois perdre (rien n’est perdu, rien ne m’appartient)
Ce qui me quitte ne m’est plus nécessaire
L’espace est libre pour la vie joueuse, à chaque instant nouvelle.

Aimer qui je suis
Mon plus grand trésor est moi-même
Me sentir seule ou perdue, c’est avoir perdu le contact intime avec qui je suis (le contact est toujours là).

Aimer qui je suis
Chaque instant est intensité, pas de plus grand maître que la vie
Vouloir plus est ce qui m’empêche d’y goûter
Vouloir plus, c’est l'avidité, puits sans fond d’expériences, de sensations, de plaisirs.

Aimer qui je suis
Et rencontrer l’autre pour partager nos trésors intérieurs
Et nous quitter lorsque d’autres trésors nous appellent avec plus d’intensité.
Le cœur, lui, toujours reste…

mardi 11 mai 2010

Jim

Il est des hommes sur cette terre dont le rêve porte loin…

Une bouche charnue comme un fruit mûr qui sourit encore et encore.
Des yeux bleus brillants de ciel dont le regard embrasse la lumière, vers les étoiles.

Dans sa voix, le vent s’invite et pénètre les mots. Il parle à la montagne, aux forêts, à l’ours dans sa grotte, à la chèvre dans la plaine et à l’aigle qui les survole. Et à moi, qui suis près de lui.

Un corps fin, musclé avec des mains qui, avec tendresse et habilité, bâtissent et caressent.
« We have everything we need in the Earth. I like every part of her”.

L’errance et la sauvagerie habitent son âme. Les espaces immenses et vierges d’hommes ont dessiné son cœur et son esprit. Farouche, il cultive sa solitude. Non domestiqué, il rend grâce de se sentir perdu et en même temps, partout chez lui.

Nous sommes conviés à la cérémonie sacrée. Les anges se réjouissent. La terre nous accueille.
L’instant est à la plénitude.

lundi 10 mai 2010

Merveille

Vendredi fin de journée, un bus bondé. On se presse, on se cogne et ça grogne à coups d’œillades assassines. Des visages fatigués, tendus. Des pensées qui émasculent l’espace de « Je ne veux pas être ici. »
Au centre, une petite fille assise sur les genoux de son papa, gazouille comme un merle. Je m’approche, elle tourne son visage vers moi. Ses yeux noirs sont des diamants dont la lumière me transperce comme un laser. Ce sont bien les yeux d’une petite fille et en même temps, il ne semble y avoir personne « derrière », comme si son regard donnait passage à l’infini.
A l’intérieur, vaincue, je fonds. A l’extérieur, je gazouille moi aussi et lui sourit.
En retour, elle aussi sourit ...et par transparence, c’est Dieu, ou qu’elle que soit le nom, la forme ou la non-forme que l’on souhaite lui donner, qui, à cet instant, sourit.
Dans ce banal bus qui traverse la ville embouteillée trône une merveille et moi près d’elle, je me dis que « Jamais le monde ne sera perdu. »
Cette petite fille en est la preuve innocente, majestueuse et irradiante.