mercredi 5 novembre 2008
Au creux de la nuit
De là où je me trouve, il n’y a rien. Désert, silence. Plus d’histoire, plus d’appartenance. Libre et seule. Un rien paumée, un zeste de. Pas de quoi en faire une histoire d’ailleurs. Ni d’ailleurs, ni d’ici. Nulle part et pourtant partout. Comprend qui le peut. Dans ce désert d’apparence, mille trésors se dissimulent. Je m’approche. Sous le sable, je devine les clefs, portes du réel. L’une d’elle s’appelle « souffle ». Une autre « vérité ». Une autre « espace ». D’autres encore, « Corps », « vibration », … Je souris. Dans ce désert aux abords arides se trouve la source. Reste à avancer, à la découverte de nouvelles clefs, pas à pas. Voyage immobile au creux du mystère, là où réside le Nom.
jeudi 23 octobre 2008
Autoportrait
Avez-vous vu le film « Entre le murs », Palme d'Or du dernier Festival de Cannes? A un certain moment, dans le film, il est question pour les élèves de faire un autoportrait. Chacun y relate ces faits et gestes, ses « j’aime bien, j’aime pas », une sorte d’énoncé superficiel de manies et d’habitudes, censé refléter le « qui suis-je ? » cher à socrate. Je tique, quelque chose me dérange. Ce professeur, me semble-t-il, passe à côté de l’enjeu réel de la question de l’identité à savoir …celui du mensonge.
Non pas le mensonge dans le sens de tromper volontairement l’autre mais celui du mensonge permanent de ne pas oser montrer qui l’on est vraimen et d'ainsi se conformer à des masques, adaptés aux autres ; copains, parents, professeurs... En quelque sorte, de jouer des rôles, des identités qui sont soi mais pas tout à fait ou pas seulement.
De la conscience de ce mensonge peut naître un certain malaise dû au décalage de se sentir seul(e) et incompris(e) parmi les autres. Solitude ontologique. Cette mince paroi qui nous sépare les uns les autres, ce sentiment d’être toujours en léger décalage, voilà, me semble-t-il, le vrai sujet de l’autoportrait. Il n’est pas abordé dans le film par ce professeur qui se satisfait de la couche de surface habituelle (pour ce que nous en voyons en tout cas). Même, il semble tout à fait heureux de l’émergence d’une pincée psychologique dans l’autoportrait de l’élève chinois Wey. Je ne blâme pas ce professeur qui fait probablement de son mieux…
Tous, enfants, adolescents et adultes sommes tous en quête de savoir « qui nous sommes ». Et nous avons besoin d'être aimé pour "qui nous sommes vraiment". L’école pourrait être un des lieux de prise de conscience de ce besoin et en partie, d’un espace possible de résolution de celui-ci.
« Entre les murs » a le mérite de nous rappeler que l’école et l’éducation telle qu’elle est envisagée en ce XXième siècle, en occident, est avant tout un lieu de conformité sociale où règne l’équilibre fragile de la sanction et de la récompense. Souleymane, à cet égard, en est un parfaitexemple. Doué de sensibilité et vivant dans une problématique familiale difficile, est renvoyé. Inadapté, il rejoindra la cohorte des «non désirables », ceux qui dérangent et que l’on ne veut pas (plus) voir. Par cet exemple on peut mesurer le gouffre qui sépare une école qui apprend à être conforme à la vie en société, d’une autre école possible qui aiderait chacun à reconnaître sa juste valeur. Une école valorisante, non compétitive et non punitive ? Je rêve…
Je me souviens… de ma propre expérience des bancs de l’école. Cette plongée dans la sensation de ces années d’adolescence, je l’accueille avec émotions et étonnement à la fois, tant ces souvenirs étaient enfuis. J’étais une élève sans problèmes, sociable et intelligente. J’avais de bonnes notes, je remettais mes devoirs à temps et à heures et je ne dérangeais personne. Tout semblait pour le mieux. Mais au-delà des apparences, je me sentais absolument seule. J’avais construit, entre mes petits camarades de classe et moi, un masque conformiste afin de cacher un grand désarroi intérieur. Partout où j’allais, je guettais le moindre signal de danger. Celui d’être démasquée. On allait, on pouvait, à tous instants voir qui j’étais : minable, sans qualités, ni valeurs. Tarée, maudite et monstrueuse. La seule perspective de me trouver exposée aux yeux de tous, pour un travail d’élocution par exemple, me remplissait d’effroi des jours durant. D’où me venait ce sentiment de n'être rien ou pas grand chose ? Encore aujourd’hui, je n’en connais pas la source précise et exacte. Bien sûr, au sein de ma famille régnait la violence, le silence et l’indifférence à tous soins de l’âme. Mais peut-être est-ce plus profond, dans mon incarnation même qu'est née cette blessure? Enfant, je la portais sans trop savoir et puis lors de l’adolescence, je me suis confrontée à mon image et je me suis déçue. Je n’étais pas celle que j’espérais être et je me comparais, d'un regard impitoyable, à toutes mes copines et aux images de la télévison et des magazines. Le verdict était: pas assez jolie. Pas assez pour devenir « clodette »( !)par exemple. Vous voyez, les filles un peu nunuches qui dansaient derrière Claude François, mon idole de l’époque (j’ai changé de goûts depuis, rassurez-vous !). Alors, j’ai rasé les murs. Alors, lorsque je plaisais aux garçons, je ne pouvais le croire. Quelques années plus tard, un bataillon de boutons d’acné a complété le masque. J’ai vraiment crû être la « pas aimée « et je suis devenue (inconsciemment) la « pas aimable ». La résolution du conflit entre moi et mon image, je ne pouvais le vivre à cette époque. Il se cachait là trop de souffrances. Par bonheur, aujourd’hui, la réconciliation est en marche…
Non pas le mensonge dans le sens de tromper volontairement l’autre mais celui du mensonge permanent de ne pas oser montrer qui l’on est vraimen et d'ainsi se conformer à des masques, adaptés aux autres ; copains, parents, professeurs... En quelque sorte, de jouer des rôles, des identités qui sont soi mais pas tout à fait ou pas seulement.
De la conscience de ce mensonge peut naître un certain malaise dû au décalage de se sentir seul(e) et incompris(e) parmi les autres. Solitude ontologique. Cette mince paroi qui nous sépare les uns les autres, ce sentiment d’être toujours en léger décalage, voilà, me semble-t-il, le vrai sujet de l’autoportrait. Il n’est pas abordé dans le film par ce professeur qui se satisfait de la couche de surface habituelle (pour ce que nous en voyons en tout cas). Même, il semble tout à fait heureux de l’émergence d’une pincée psychologique dans l’autoportrait de l’élève chinois Wey. Je ne blâme pas ce professeur qui fait probablement de son mieux…
Tous, enfants, adolescents et adultes sommes tous en quête de savoir « qui nous sommes ». Et nous avons besoin d'être aimé pour "qui nous sommes vraiment". L’école pourrait être un des lieux de prise de conscience de ce besoin et en partie, d’un espace possible de résolution de celui-ci.
« Entre les murs » a le mérite de nous rappeler que l’école et l’éducation telle qu’elle est envisagée en ce XXième siècle, en occident, est avant tout un lieu de conformité sociale où règne l’équilibre fragile de la sanction et de la récompense. Souleymane, à cet égard, en est un parfaitexemple. Doué de sensibilité et vivant dans une problématique familiale difficile, est renvoyé. Inadapté, il rejoindra la cohorte des «non désirables », ceux qui dérangent et que l’on ne veut pas (plus) voir. Par cet exemple on peut mesurer le gouffre qui sépare une école qui apprend à être conforme à la vie en société, d’une autre école possible qui aiderait chacun à reconnaître sa juste valeur. Une école valorisante, non compétitive et non punitive ? Je rêve…
Je me souviens… de ma propre expérience des bancs de l’école. Cette plongée dans la sensation de ces années d’adolescence, je l’accueille avec émotions et étonnement à la fois, tant ces souvenirs étaient enfuis. J’étais une élève sans problèmes, sociable et intelligente. J’avais de bonnes notes, je remettais mes devoirs à temps et à heures et je ne dérangeais personne. Tout semblait pour le mieux. Mais au-delà des apparences, je me sentais absolument seule. J’avais construit, entre mes petits camarades de classe et moi, un masque conformiste afin de cacher un grand désarroi intérieur. Partout où j’allais, je guettais le moindre signal de danger. Celui d’être démasquée. On allait, on pouvait, à tous instants voir qui j’étais : minable, sans qualités, ni valeurs. Tarée, maudite et monstrueuse. La seule perspective de me trouver exposée aux yeux de tous, pour un travail d’élocution par exemple, me remplissait d’effroi des jours durant. D’où me venait ce sentiment de n'être rien ou pas grand chose ? Encore aujourd’hui, je n’en connais pas la source précise et exacte. Bien sûr, au sein de ma famille régnait la violence, le silence et l’indifférence à tous soins de l’âme. Mais peut-être est-ce plus profond, dans mon incarnation même qu'est née cette blessure? Enfant, je la portais sans trop savoir et puis lors de l’adolescence, je me suis confrontée à mon image et je me suis déçue. Je n’étais pas celle que j’espérais être et je me comparais, d'un regard impitoyable, à toutes mes copines et aux images de la télévison et des magazines. Le verdict était: pas assez jolie. Pas assez pour devenir « clodette »( !)par exemple. Vous voyez, les filles un peu nunuches qui dansaient derrière Claude François, mon idole de l’époque (j’ai changé de goûts depuis, rassurez-vous !). Alors, j’ai rasé les murs. Alors, lorsque je plaisais aux garçons, je ne pouvais le croire. Quelques années plus tard, un bataillon de boutons d’acné a complété le masque. J’ai vraiment crû être la « pas aimée « et je suis devenue (inconsciemment) la « pas aimable ». La résolution du conflit entre moi et mon image, je ne pouvais le vivre à cette époque. Il se cachait là trop de souffrances. Par bonheur, aujourd’hui, la réconciliation est en marche…
jeudi 9 octobre 2008
Exploration
Me sens comme un pantin « singeant » le prof et cette vision me déplaît. Pas envie, au fond. Niveau de tolérance zéro à la moindre contrainte, à la moindre obligation de devoir être là. Je quitte le cours de danse.
En trame continue, je perçois le sentiment de déception. La colère n’est pas loin. Je ne suis pas celle que j’aurais aimé être.
Quid de cette déception ? Tristesse, colère, amertume et culpabilité, tous venus d'un vide affectif de l'enfance et même d'avant. Ce mélange dont je ne savais que faire, je l’ai retourné contre moi-même. Désir de mort, d'anéantissement sous le sourire.
Jusqu’à présent, pour être quelqu’un, je m’étais calquée sur le désir que l’on avait de moi. Aujourd’hui, le goût me manque. Les forces m’abandonnent. Recherche de syntonisation avec mon propre centre. Plutôt que de chercher l’issue vers un nouveau désir de quelque chose (tant de possibles), je regarde la dépression apparaître. J’écoute le juge qui m’enjoint à m’activer. L’enfant en souffrance qui se débat. La recherche avide d’un sauveur qui hurle à tout berzingue. Je reste là, je ne fais rien, je me laisse faire. Je descends là où tout est redoutable (ou l'art de jouer à QUI a peur du grand méchant loup ?), dans le trou sombre où l’identité n’est plus rien.
En trame continue, je perçois le sentiment de déception. La colère n’est pas loin. Je ne suis pas celle que j’aurais aimé être.
Quid de cette déception ? Tristesse, colère, amertume et culpabilité, tous venus d'un vide affectif de l'enfance et même d'avant. Ce mélange dont je ne savais que faire, je l’ai retourné contre moi-même. Désir de mort, d'anéantissement sous le sourire.
Jusqu’à présent, pour être quelqu’un, je m’étais calquée sur le désir que l’on avait de moi. Aujourd’hui, le goût me manque. Les forces m’abandonnent. Recherche de syntonisation avec mon propre centre. Plutôt que de chercher l’issue vers un nouveau désir de quelque chose (tant de possibles), je regarde la dépression apparaître. J’écoute le juge qui m’enjoint à m’activer. L’enfant en souffrance qui se débat. La recherche avide d’un sauveur qui hurle à tout berzingue. Je reste là, je ne fais rien, je me laisse faire. Je descends là où tout est redoutable (ou l'art de jouer à QUI a peur du grand méchant loup ?), dans le trou sombre où l’identité n’est plus rien.
jeudi 2 octobre 2008
La perfection de soi
Au côté d’une pub d’un parfum Dior, je lis dans « Marie-Claire » un article intitulé « Silence on meurt »: Des centaines de Birmans sont en train de mourir avec la bénédiction de la junte. « Les gens devraient apprendre à se nourrir tout seuls. Nous ne voulons pas que les étrangers nous voient comme un pays de mendiants » a déclaré un militaire aux volontaires birmans qui se pressent pour distribuer de la nourriture aux survivants du cyclone. Les rescapés ont dû retourner dans leurs villages dévastés, où seuls la faim et le désespoir les attendent.
Un autre article, toujours dans «Marie-Claire» dans la rubrique «Autour de nous» : Ce soir je brille ! www.brilleenville.com nouvelles émissions télés, expos, tournages et potins people, restos ou bars en vue, hit fashion ou citations classiques…de quoi épater la galerie lors du prochain dîner!
Le lien ?
Dictature politique ou dictature mondaine, même combat : dans les deux cas, ne se voir ou se vouloir que parfait. Mal sournois caché au plus profond du psychisme humain.
L'origine ?
Désir de combler le manque d’amour, d’attention et de reconnaissance. Dès l’enfance, nous construisons une image de nous-mêmes parfaite c'est-à-dire celle qui correspond au désir qu’ont nos parents à notre propos, mais aussi celle de l’école d’être sage et d'avoir de bons points. Plus tard celle du travail d’être productif, compétitif et soumis aux ordres, celle du conjoint d’être un bon partenaire et un bon parent et celles nombreuses de la société : être svelte, jeune, en bonne santé, dynamique, sociable, de belle apparence… Nous intégrons à tel point ce dressage que nous nous l’infligeons à nous-mêmes en permanence. Stress, dépression, addictions diverses, avidité de biens et de pouvoir forment un tampon pour amortir l’écart entre ce que nous pouvons être et l’inatteignable image parfaite. Et lorsque l’écart est insoutenable, le suicide est aussi possible… Je me souviens du Dalaï Lama qui s’était étonné de découvrir aux contacts des occidentaux combien nous pouvions nous haïr nous-mêmes.
Le chaman Don Miguel Ruiz dans «Les 4 accords toltèques» nomme ce désir de perfection « Le rêve de la Planète» mais il ressemble plutôt au cauchemar de la domestication. Il explique que dès que nous sommes en mesure de le faire, nous donnons notre accord aux différentes règles que l’on nous impose pour être conforme à l’idéal. Nous devenons de bons petits soldats qui obéissent aux règles sous peine de rejet, de sanctions voire de châtiments. Prendre conscience de ce formatage invisible car jamais dénoncé, est déjà un grand pas vers la libération. Un autre est de se donner d’autres accords comme ceux proposés dans les 4 accords toltèques: «Que votre parole soit juste. Quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. Ne faites aucune supposition. Faites toujours de votre mieux.»
Chemin au long cours que celui de désapprendre …
Je me souviens…de mon désespoir d’enfant de n'être pas parfaite. Pourtant à la maison, je trimais. A l’école, j’étais obéissante et studieuse. Avec les gens du village, souriante et polie. A chaque instant sourdait en moi un grand désir de plaire et d'être reconnue. Tout mon être était tourné vers ce but afin de récolter sécurité et tendresse.
Mes parents avaient appris (ô merci l'esprit chrétien!) que de féliciter un enfant pouvait le gâter et le rendre paresseux ou de lui dire qu’il était beau de le rendre narcissique. Quant aux gestes tendres et aux mots d’amour, faute d'en avoir reçu eux-mêmes... handicap émotionnel (remboursé par la Sécu?). A leurs yeux, j'avais tout ce qu'il me fallait et même bien plus, vu leur vécu d'enfants de la guerre (on sait ce que c'est que la faim, nous !). Me plaindre ? J'aurais été bien ingrate. Me révolter, gare à mes fesses. Alors j'avalais ma tristesse et ma colère, qui tant d'années masquées, ont peu à peu empoisonné mon corps et mon psychisme. Aujourd'hui, je me libère enfin de ses poisons, petit à petit...ce que je peux...en essayant de ne pas m'en vouloir de cette relative lenteur car il faut bien de toute une vie pour réussir à s'aimer .
Histoire d’enfance banale du rêve de la Planète. Quelle est la vôtre ?
Un autre article, toujours dans «Marie-Claire» dans la rubrique «Autour de nous» : Ce soir je brille ! www.brilleenville.com nouvelles émissions télés, expos, tournages et potins people, restos ou bars en vue, hit fashion ou citations classiques…de quoi épater la galerie lors du prochain dîner!
Le lien ?
Dictature politique ou dictature mondaine, même combat : dans les deux cas, ne se voir ou se vouloir que parfait. Mal sournois caché au plus profond du psychisme humain.
L'origine ?
Désir de combler le manque d’amour, d’attention et de reconnaissance. Dès l’enfance, nous construisons une image de nous-mêmes parfaite c'est-à-dire celle qui correspond au désir qu’ont nos parents à notre propos, mais aussi celle de l’école d’être sage et d'avoir de bons points. Plus tard celle du travail d’être productif, compétitif et soumis aux ordres, celle du conjoint d’être un bon partenaire et un bon parent et celles nombreuses de la société : être svelte, jeune, en bonne santé, dynamique, sociable, de belle apparence… Nous intégrons à tel point ce dressage que nous nous l’infligeons à nous-mêmes en permanence. Stress, dépression, addictions diverses, avidité de biens et de pouvoir forment un tampon pour amortir l’écart entre ce que nous pouvons être et l’inatteignable image parfaite. Et lorsque l’écart est insoutenable, le suicide est aussi possible… Je me souviens du Dalaï Lama qui s’était étonné de découvrir aux contacts des occidentaux combien nous pouvions nous haïr nous-mêmes.
Le chaman Don Miguel Ruiz dans «Les 4 accords toltèques» nomme ce désir de perfection « Le rêve de la Planète» mais il ressemble plutôt au cauchemar de la domestication. Il explique que dès que nous sommes en mesure de le faire, nous donnons notre accord aux différentes règles que l’on nous impose pour être conforme à l’idéal. Nous devenons de bons petits soldats qui obéissent aux règles sous peine de rejet, de sanctions voire de châtiments. Prendre conscience de ce formatage invisible car jamais dénoncé, est déjà un grand pas vers la libération. Un autre est de se donner d’autres accords comme ceux proposés dans les 4 accords toltèques: «Que votre parole soit juste. Quoiqu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle. Ne faites aucune supposition. Faites toujours de votre mieux.»
Chemin au long cours que celui de désapprendre …
Je me souviens…de mon désespoir d’enfant de n'être pas parfaite. Pourtant à la maison, je trimais. A l’école, j’étais obéissante et studieuse. Avec les gens du village, souriante et polie. A chaque instant sourdait en moi un grand désir de plaire et d'être reconnue. Tout mon être était tourné vers ce but afin de récolter sécurité et tendresse.
Mes parents avaient appris (ô merci l'esprit chrétien!) que de féliciter un enfant pouvait le gâter et le rendre paresseux ou de lui dire qu’il était beau de le rendre narcissique. Quant aux gestes tendres et aux mots d’amour, faute d'en avoir reçu eux-mêmes... handicap émotionnel (remboursé par la Sécu?). A leurs yeux, j'avais tout ce qu'il me fallait et même bien plus, vu leur vécu d'enfants de la guerre (on sait ce que c'est que la faim, nous !). Me plaindre ? J'aurais été bien ingrate. Me révolter, gare à mes fesses. Alors j'avalais ma tristesse et ma colère, qui tant d'années masquées, ont peu à peu empoisonné mon corps et mon psychisme. Aujourd'hui, je me libère enfin de ses poisons, petit à petit...ce que je peux...en essayant de ne pas m'en vouloir de cette relative lenteur car il faut bien de toute une vie pour réussir à s'aimer .
Histoire d’enfance banale du rêve de la Planète. Quelle est la vôtre ?
mercredi 24 septembre 2008
Automne
Tout est tendresse et détente ce matin, le ressentez-vous, vous aussi ? Les attaques de l’énergumène de l’étage se font plus lointaines et cèdent la place au poudré du cœur. Douceur maternelle qui tendrement étreint tous les êtres sur son sein assez large pour n’en rejeter aucun. Vastitude de ton Amour. Pas un atome dans l’univers n’est oublié.
jeudi 11 septembre 2008
ô le joli papillon !
Oh le joli papillon ! Rouge, ocre, blanc et noir. Il voletait, léger, dans les rayons du soleil en tourbillonnant comme ivre de joie. Mon cœur s’est ouvert à sa présence. Il y avait si longtemps que je n’avais vu ce compagnon de nos paysages. Une émotion est venue chatouiller ma mémoire. La beauté des papillons. Je faisais, enfant, une collection de ces jolis insectes. Nous les achetions dans la petite épicerie des parents de mon amie Marie-Noëlle. Ils étaient logés dans une pochette en plastique Je me souviens combien leurs couleurs, leur soyeux et leur texture veloutée, procuraient à mes sens un délice d’être. Celui couleur bleu nuit surtout me fascinait par son mystère et sa grâce parfaite.
La tristesse a recouvert de son ombre le souvenir. Combien de papillons ont été sacrifiés pour finir dans des pochettes en plastique ? Quel profit a-t-on tiré de ce commerce ? Notre innocence d’enfant ne pouvait nous permettre de voir plus loin que notre plaisir de les posséder. Mais les adultes ? L’humain est-il à ce point si court dans sa pensée pour se voiler ainsi de sa responsabilité envers toute autre créature que lui-même ? Cette histoire de mon enfance est un minuscule exemple de notre mainmise sur le vivant, sur notre pouvoir de destruction en grande partie inconscient. Je demande pardon à tous les papillons d’hier d’avoir été victimes des petits enfants d’alors et aux papillons d’aujourd’hui, je fais le vœu d’une ère nouvelle où l’humain responsable vivra en harmonie avec les autres espèces.
La tristesse a recouvert de son ombre le souvenir. Combien de papillons ont été sacrifiés pour finir dans des pochettes en plastique ? Quel profit a-t-on tiré de ce commerce ? Notre innocence d’enfant ne pouvait nous permettre de voir plus loin que notre plaisir de les posséder. Mais les adultes ? L’humain est-il à ce point si court dans sa pensée pour se voiler ainsi de sa responsabilité envers toute autre créature que lui-même ? Cette histoire de mon enfance est un minuscule exemple de notre mainmise sur le vivant, sur notre pouvoir de destruction en grande partie inconscient. Je demande pardon à tous les papillons d’hier d’avoir été victimes des petits enfants d’alors et aux papillons d’aujourd’hui, je fais le vœu d’une ère nouvelle où l’humain responsable vivra en harmonie avec les autres espèces.
lundi 8 septembre 2008
Ras le bol
Pachamama en a ras-le-bol de nous, les humains. Ou plutôt que humains, je devrais dire les humains non (encore) nés. Marre des bottes arrogantes qui la piétinent. Marre de nos egos qui la pillent et la meurtrissent. Nos moyens technologiques accrus couplés à l'explosion démographique, ont fait de nous des parasites. Cà et là, des prises de conscience émergent ainsi que des tentatives d’autres mondes possibles. Mais ce n’est pas suffisant pour enrayer la marche destructrice de nos agissements. Nous courrons, droit devant, comme des ânes pathétiques devant le dieu Argent-Pouvoir, vers l’avenir ? Que nenni, droit dans le mur ! Car Pachamama est très puissante et jusque là, elle a été très patiente avec nous. Même qu’elle nous aimait plutôt bien. En des temps pas si lointains, nous la respections et lui rendions hommage. En ces temps là, nous savions reconnaître sa généreuse nature. Chaque fois que nous prélevions de quoi nous nourrir, nous loger, nous vêtir, nous lui demandions son accord et lui adressions des prières de remerciement dont elle écoutait le chant. Enfants ingrats nous sommes devenus qui croient que le monde leur appartient et que l’on peut se servir comme si tous les biens terrestres nous étaient dus.
300 litres d’eau/jour/personne au Nevada, Etats-Unis
10 litres/jour/personne à Kaboul, Afghanistan
Chiffres éloquents…
Quand je parle des hommes qui pillent Pachamama, la distinction doit être faite. Le monde occidental et tous ceux qui s’en inspirent sont les coupables. Les besoins superficiels représentent 60-70 %? des comportements. Au nom du bien-être. Mais de quel bien-être s’agit-il ? Besoins issus de névroses de ne plus se reconnaître maillon dans la chaîne du vivant. Les occidentaux, du haut de leur science, se proclament au-dessus de toute la création. Pour certains, Dieu, cette vieille chose que nos ancêtres illettrés vénéraient, a été jeté dans les oubliettes de l’histoire. Pour les autres, Dieu nous a créé à son image, alors, où est le problème ? Quoi que nous fassions, nous sommes couverts, le big Boss nous approuve.
Au Etats-Unis, 50% de l’alimentation dans les magasins est jeté (combien en Europe?).
3000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de bœuf (1).
1 milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable.
Inconscience proche de la folie.
Depuis peu, les actualités nous alertent. Mais rien ne peut changer sans très très vite, une prise de conscience massive. Et même c’est déjà trop tard… Un ami me rappelait que dans les années 70, écologistes et scientifiques (certains) avaient déjà sonné le tocsin. Dans le désert... Cataclysmes, tornades, ras de marée, sécheresses, inondations, maladies des animaux asservis par l’homme, dégénérescence des végétaux, remèdes détruits…On va le payer cher et malheureusement, les premiers seront ceux qui ne sont pas créateurs du désastre. A moyen terme, ce sera l’espèce entière qui sera touchée et même Bill Gates et sa descendance depuis leur bunker hi-tech… Alors, toutes nos larmes ne suffiront pas à attendrir le cœur de Pachamama. Nous lui avons fait trop de mal. Plus de rémissions possibles.
Albert Jacquard, il y a 17 ans, avait écrit: "Voici le temps du monde fini". Je le rejoins en disant « Fini le temps de la mainmise de notre espèce sur la planète bleue ». J’entends, au loin, le son des tambours des millions et des millions de créatures qui se réjouissent déjà de l’éviction du trône de celui qui se croyait le Roi (2). On pourrait me rétorquer : "Mais ce n’est pas de sa faute, il ne savait pas." Justement, il savait mais il voulait surtout jouir, jouir encore et encore(3).
«On récolte ce que l’on sème »: Trop d’arrogance a été semée. L’arrogance de se croire les seuls à posséder l’intelligence. En vérité, nous sommes à peine à quelques degrés des autres primates et des mammifères en général.
Une seule consolation dans cette amère vision. Dieu ne nous en veut pas. Nous sommes une erreur. Il fera mieux une prochaine fois.
(1) Animaux bien cachés de nos sensibles regards (!) qui subissent des conditions de vie proches des camps de concentration nazis.
(2) Sorry petit Prince. Toi, tu ne sais pas.
(3) Proche de l'expérience en laboratoire de singes qui, avec un mécanisme simple, peuvent se procurer la jouissance. En majorité (tous?), ils se font jouir quasi en continu et vont jusqu'à la mort.
300 litres d’eau/jour/personne au Nevada, Etats-Unis
10 litres/jour/personne à Kaboul, Afghanistan
Chiffres éloquents…
Quand je parle des hommes qui pillent Pachamama, la distinction doit être faite. Le monde occidental et tous ceux qui s’en inspirent sont les coupables. Les besoins superficiels représentent 60-70 %? des comportements. Au nom du bien-être. Mais de quel bien-être s’agit-il ? Besoins issus de névroses de ne plus se reconnaître maillon dans la chaîne du vivant. Les occidentaux, du haut de leur science, se proclament au-dessus de toute la création. Pour certains, Dieu, cette vieille chose que nos ancêtres illettrés vénéraient, a été jeté dans les oubliettes de l’histoire. Pour les autres, Dieu nous a créé à son image, alors, où est le problème ? Quoi que nous fassions, nous sommes couverts, le big Boss nous approuve.
Au Etats-Unis, 50% de l’alimentation dans les magasins est jeté (combien en Europe?).
3000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de bœuf (1).
1 milliard de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable.
Inconscience proche de la folie.
Depuis peu, les actualités nous alertent. Mais rien ne peut changer sans très très vite, une prise de conscience massive. Et même c’est déjà trop tard… Un ami me rappelait que dans les années 70, écologistes et scientifiques (certains) avaient déjà sonné le tocsin. Dans le désert... Cataclysmes, tornades, ras de marée, sécheresses, inondations, maladies des animaux asservis par l’homme, dégénérescence des végétaux, remèdes détruits…On va le payer cher et malheureusement, les premiers seront ceux qui ne sont pas créateurs du désastre. A moyen terme, ce sera l’espèce entière qui sera touchée et même Bill Gates et sa descendance depuis leur bunker hi-tech… Alors, toutes nos larmes ne suffiront pas à attendrir le cœur de Pachamama. Nous lui avons fait trop de mal. Plus de rémissions possibles.
Albert Jacquard, il y a 17 ans, avait écrit: "Voici le temps du monde fini". Je le rejoins en disant « Fini le temps de la mainmise de notre espèce sur la planète bleue ». J’entends, au loin, le son des tambours des millions et des millions de créatures qui se réjouissent déjà de l’éviction du trône de celui qui se croyait le Roi (2). On pourrait me rétorquer : "Mais ce n’est pas de sa faute, il ne savait pas." Justement, il savait mais il voulait surtout jouir, jouir encore et encore(3).
«On récolte ce que l’on sème »: Trop d’arrogance a été semée. L’arrogance de se croire les seuls à posséder l’intelligence. En vérité, nous sommes à peine à quelques degrés des autres primates et des mammifères en général.
Une seule consolation dans cette amère vision. Dieu ne nous en veut pas. Nous sommes une erreur. Il fera mieux une prochaine fois.
(1) Animaux bien cachés de nos sensibles regards (!) qui subissent des conditions de vie proches des camps de concentration nazis.
(2) Sorry petit Prince. Toi, tu ne sais pas.
(3) Proche de l'expérience en laboratoire de singes qui, avec un mécanisme simple, peuvent se procurer la jouissance. En majorité (tous?), ils se font jouir quasi en continu et vont jusqu'à la mort.
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